remersdleal

 

HISTOIRE DE REMERSTAEL

 

Rémersdael célèbre avec éclat le centenaire de son autonomie communale, la loi du 9 décembre 1852 l'ayant séparé de Hombourg dont il constituait une section.

En fait, il est permis de dire que l'indépendance administrative acquise en 1852 par Rémersdael ne constituait que le retour à un ancien état de choses, puisque, des siècles durant, les communautés de Rémersdael et de Hombourg avaient vécu séparées.

Il est avéré que l'histoire de Rémersdael est beaucoup plus ancienne et mieux connue que celle de Hombourg. L'historien Ernst fait remonter son origine au IXe siècle, tandis que le nom de Hombourg apparaît seulement en 1124. Ses premiers seigneurs se rencontrent de bonne heure dans les documents. Simon de Rémersdael est mentionné dès 1253, époque à laquelle on ne trouve dans les archives nulle trace du nom d'un quelconque personnage de Hombourg.

Rémersdael, qui confinait à l’Ouest au comté de Dalhem, était jadis compris, comme aussi Hombourg, dans le ban de Sinnich et Völkerich, au duché de Limbourg, où chaque ban ou district était administré par une cour de justice. Au début du XVIe siècle, le siège de la cour du ban de Sinnich et Völkerich fut transféré à Montzen, qui devint ainsi chef‑ban.

A côté de cette juridiction commune, des divergences importantes existaient entre les localités de Rémersdael et de Hombourg. Alors que cette dernière n'a pas cessé de constituer une paroisse depuis le XIVe siècle, la première, qui formait également à cette époque une paroisse distincte, a été comprise par la suite dans celle de Teuven, dont elle n'a été séparée qu’en 1833. Au point de vue féodal, le territoire de Rémersdael était presque entièrement occupé par des fiefs relevant de la maison de Fauquemont, tandis que les biens de ce genre situés à Hombourg dépendaient du duc de Limbourg. Les diverses seigneuries foncières existant dans ces deux localités étaient aussi en la possession de familles différentes

Au milieu du XVIIe siècle, le roi d’Espagne qui régnait sur nos provinces réunit en une seule seigneurie hautaine les localités de Hombourg et de Rémersdael. Le seigneur foncier avait la propriété du sol, tandis que le seigneur hautain exerçait certains droits appartenant précédemment au souverain, entre autres l’établissement d’une cour de justice. La nouvelle cour qui fut ainsi créée à Hombourg remplaça celle du ban, existant à Montzen, pour l’étendue de la seigneurie, dont l'administration fut dans la suite confiée à une régence, adjointe à cette institution.

Cette organisation, qui avait réuni les communautés de Hombourg et de Rémersdael, subsista jusqu'à la disparition de la seigneurie, lors de l'invasion française. Sous le nouveau régime fut instaurée la municipalité ou commune de Hombourg, comprenant tout le territoire administré précédemment par la régence. Elle continua à englober Rémersdael durant la période hollandaise et, après la conquête de notre indépendance, jusqu'en 1852.

En mai 1850, les habitants de Rémersdael adressèrent à la Députation permanente du Conseil provincial de Liège une requête demandant l'érection de leur section en commune distincte, invoquant à l'appui de nombreux motifs. La future commune aurait une configuration régulière (d'une forme en effet à peu près pentagonale) et très avantageuse; du village, situé au milieu, partent dans toutes les directions des chemins, le mettant en communication avec les différents hameaux. Elle aurait une étendue de 824 hectares 54 ares, et compterait 107 maisons avec 580 habitants. Il resterait à Hombourg une superficie de 1637 hectares et une population de 1170 âmes.

Rémersdael est distant de Hombourg de quatre kilomètres, trajet qu'il faut effectuer pour tous les actes concernant l'administration. Il y est relié par un chemin étroit et marécageux, serpentant dans des bas‑fonds impraticables. Rémersdael, exclusivement agricole, n'a pas de relations avec Hombourg, mais avec le marché d'Aubel où on accédera commodément lorsque sera construit l'embranchement d'Obsinnig à la route de la Planck.

Rémersdael possède 71 hectares de bois communaux, tandis que Hombourg n'en a pas 3 hectares. La différence d'intérêts est la source de dissentiments et d'embarras administratifs et n'est balancée par aucun avantage résultant de la réunion. Il serait utile pour les deux parties de la commune de se séparer, pour être chacune régie par ses habitants notables. Aucune animosité ne dirige les signataires de la requête, puisque le bourgmestre actuel qui appartient à leur section s'y associe, estimant être appelé à administrer la commune de Rémersdael et non celle de Hombourg.

Le 11 juillet 1850, le conseil communal de Hombourg émit un avis défavorable à la séparation. Les principaux points litigieux étaient la route de la Planck, traversant Rémersdael, dont la construction avait entraîné le vote de deux centimes additionnels aux contributions directes, à percevoir durant douze années à partir de 1840, et la route projetée de Merckhof vers Bleyberg intéressant seulement Hombourg, pour l'établissement de laquelle lit commune avait voté une somme de 30.000 frs.

Ces difficultés furent à l’intervention de la Députation permanente. La séparation, approuvée par le Conseil provincial le 7 juillet 1851, adoptée par la Chambre des Représentants le 11 novembre 1852 et par le Sénat le 3 décembre suivant, fut sanctionnée par le Roi le 9 décembre. L'organisation de la nouvelle commune s'effectua durant l'année 1853.

Au cours du siècle dernier, la divergence entre Rémersdael et Hombourg s'est encore accentuée par suite de leur situation différente dans le domaine linguistique. jusqu'au commencement de ce siècle, la langue écrite était dans les deux localités le dialecte brabançon, voisin du flamand, que la souveraineté du duc de Brabant sur le Limbourg avait introduit depuis l'union de ces deux pays, tandis que la langue parlée est encore aujourd'hui un dérivé de l'ancien idiome limbourgeois, usité dans toutes les communes du nord‑est de la province de Liège, avec des dissemblances plus ou moins prononcées. A Hombourg s'étendant plus à l'Est, l'allemand est devenu la langue de l'école et de la chaire, alors que Rémersdael a adopte à ces égards le néerlandais. La paroisse de Hombourg a été comprise dans le nouveau doyenné créé en 1898 à Montzen pour les localités environnantes de langue allemande, au lieu que Rémersdael a continué à faire partie du doyenné d'Aubel. Un arrêté royal du 3 mai 1891 avait déjà classé Rémersdael parmi les communes flamandes et Hombourg au nombre des communes allemandes, séparant ainsi les deux localités par la frontière linguistique.

Depuis le début du siècle actuel, la connaissance de la langue française s'est considérablement répandue à Rémersdael. La proportion de bilingues flamands‑français était passée de 18 % en 1880 à 51 %, en 1920 et la commune avait été transférée, de ce chef, du groupe flamand au groupe roman; mais, d'après le recensement de 1930, Rémersdael doit être considéré comme en majorité flamand. Il en est résulté des mesures d'ordre administratif qui ne correspondent pas aux intérêts de la population et Rémersdael est devenu une pomme de discorde dans les dissentiments touchant la question linguistique. Il est à noter que les résultats du recensement de 1947, qui accusent une majorité d’environ 60 % en faveur du français, n’ont pas encore été publiés. Un indice probant de la préférence donnée par les habitants au français comme langue de l’écriture réside dans le fait que, parmi les 110 inscriptions funéraires modernes qui se voient au cimetière, il s’en trouve 86 françaises, soit 78 %.

Durant la guerre 1940‑1944, l'Allemagne avait annexé les territoires de langue allemande des cantons d’Aubel et de Limbourg. La frontière ainsi créée coupait l’extrémité Nord-Est de la commune de Rémersdael, dont elle détachait une étendue de 78 hectares avec deux habitations.

Rémersdael a retrouvé en 1853 son individualité qu’il avait perdue durant deux longs siècles. En fêtant aujourd’hui ce centenaire, en même temps que le 120ème anniversaire du rétablissement de sa paroisse en 1833, il peut, fier de sa lointaine origine, célébrer aussi le 7ème centenaire de son apparition dans l’histoire, avec le chevalier Simon de Rémersdael, cité dans une charte du duc de Limbourg, Walleran IV, en date du 13 mars 1253.

Certains ont prétendu que le mot Remersdael est formé de Roemer et dael et qu'il signifie «vallée des Romains » . D'autres ont voulu voir dans ce nom une corruption de Rooversdael, « vallée des brigands ». Ces explications fantaisistes relèvent de ce que l'on a appelé l'étymologie populaire.

Seule la signification du second terme, dael « vallée », est exacte; le village se trouve en effet dans une dépression de terrain où coule un affluent de la Gulpe Ce terme est commun dans la toponymie flamande et hollandaise, notamment dans les noms de lieux des environs : Fretersdael (dans la commune même), Beusdael (à Sippenaeken), Heyendael (à Hombourg), Grindael (à Fouron‑St‑Martin), etc.

Le nom de la localité est écrit Reynberzdale en 1252 .

Une appellation romane, formée des mêmes éléments, apparaît encore plus anciennement. Un document de 1224 contient la forme Renbievaz . Dans une charte de 1276 figure Remberval . Au XVe et au XVIe siècle, on rencontre Rembievaux et Rimbievaux 

Le nom est latinisé en Regenberti vallis au XIIe siècle dans un acte du cartulaire de l'église Notre‑Dame d'Aix‑la‑Chapelle .

Le premier élément est un nom d'homme, d'origine germanique «Rembert» en allemand Reinbert. Ce prénom, aujourd'hui tombé en désuétude, était porté par l'illustre botaniste malinois du XVIe siècle, Rembert Dodonée.

Le t final étant muet a disparu, comme dans Huberval (Ortho, Luxembourg). Il en est de même du b dans Remersdael, disparition qui se constate aussi dans Lammersdorf, provenant de Lambertsdorp.

Les formes Renbievaz, Rembievaux et Rimbievaux se rapprochent de la désignation actuelle employée en wallon, dans lequel la finale bert devenait jadis biè : Lambiè, Houbiè, Robiè, etc.

L'appellation dialectale Rimbièva (Remberval) peut être comparée à Robiemont (Robermont).

Remersdael ou Rembievaux est donc, étymologiquement, la résidence, située dans un « val », d’un personnage dénommé « Rembert » .

L'orthographe du nom Remersdael a beaucoup varié jusqu'à l'érection de la localité en commune. On note les formes : Reymersdael, Reymersdahl, Reimersdal, Remersdal, etc. Le Moniteur belge du 7 mars 1‑833, dans l'arrêté royal séparant la paroisse de celle de Teuven, porte Romersdael. A ses débuts, l'administration communale employait la graphie Römersdael.

La réglementation de l'orthographe flamande du nom des communes appartenant à ce groupe linguistique, dans lequel le recensement de 1930 a classé la localité, a introduit le graphisme officiel Remersdaal. L'orthographe usitée jusqu'alors et conservée en français est Remersdael. L'emploi de la forme Remersdaal, qui se rencontre dans divers ouvrages écrits en cette langue, est aussi absurde que le serait celui des termes : Moelingen (Mouland), Glaaien (Glons), Bitsingen (Bassenge), Borgworm (Waremme), ou Brussel, Gent, Brugge, Oostende.

Plusieurs administrations, entre autres la société nationale des chemins de fer et la régie des télégraphes et des téléphones, font figurer dans leurs publications, à côté du nom usuel des localités de Warsage, Bombaye Visé, etc., à faible minorité flamande, les appellations Weerst, Bolbeek, Wezet, etc., qui sont de moins en moins usitées, et jusqu'à celle de Gulke désignant Goé, wallonisé depuis de longs siècles. On trouve même Bastenaken pour Bastogne ! A ce compte, Remersdael étant en réalité une dénomination thioise et l'élément français atteignant dans la commune une forte proportion, pourquoi ne pas mentionner de même l'ancien nom roman Rembievaux, autrefois exclusivement employé par les Wallons des villages voisins ?

C’est pour rappeler cette période romane que les constructeurs de la Salle « Rimbiévaux » choisirent ce nom en 1974, sous l’impulsion de MM. André Schmets, bourgmestre, et Léopold Cravatte, président fondateur de l’a.s.b.l. « L’Union Rémersdaeloise ».

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