hombourg

Patrimoine de Hombourg

1.Un peu d'histoire 

Hombourg

La première mention attestée de Hombourg dans l’Histoire date de l’an 1070, sous la graphie "Humborc" (GRANDGAGNAGE, Vocabulaire des anciens noms de lieu (Liège 1869). Voir aussi Archives du Diocèse de Liège, bénéfice de l’autel Ste Catherine d’Alexandrie dans l’ église primitive de Hombourg).

Dès 1124, le chapitre de la collégiale St Pierre à Liège possède des biens à Hombourg. En tant que seigneurs, les chanoines y ont établi une cour de justice. Cette seigneurie dénommée «St Peterhof» se rapporte au château-ferme de Berlieren qui apparaît être la plus ancienne seigneurie foncière à Hombourg. (Jos THISQUEN, La cour de justice de Hombourg un complément à la coutume de Limbourg, (bul.SVAH, t8, 1907)).

Hombourg faisait partie du duché de Limbourg (sur Vesdre). En 1286, le château de "Wilhenru" (Vieljaeren) est détruit par le duc Jean 1er de Brabant au cours de la guerre de succession du duché de Limbourg qu’il conquit après 1288 (Woeringen) (ERNST, Histoire du Limbourg, tIV, p458. G.POSWICK , Les Délices du Duché de Limbourg (A.Verv.t4,p224 ).

L’église primitive de Hombourg date du XIIIème siècle mais il apparaît que la diversité des collations dans la région atteste l’existence de paroisses distinctes remontant jusqu’à l’époque carolingienne (Firmin PAUQUET,Der Königshof Geminiacum, (Jahrbuch 1, EMV, Eupen 1966, p 166)). Les 22 paroisses belges dédiées comme celle de Hombourg à St Brice sont antérieures à l’an 1000. (Marcel XHONNEUX,Hombourg:l’église (S.I.Hombourg,1989, pp 5-6 & 200-206)). L’église du Xlllème siècle fut remaniée en 1717 puis en 1838-39).

Au sein du duché de Limbourg dont Hombourg suit le sort jusqu’à la fin de l’Ancien Régime(1794), la localité appartient au ban de Sinnich-Völkerich attesté en 1275 et 1388. En 1491 le ban porte les noms de "Homborch, Zennich en Fulkerich", puis, en 1547 et 1559 on trouve la mention "Banck Homborch & Montzen" qui fut limitée au seul nom de Montzen depuis 1689.

Engagée une première fois par le roi d’Espagne de 1560 à 1615 à Henri de Ghoer, seigneur de Vieljaeren, la seigneurie hautaine des localités de Hombourg et Rémersdael fut vendue en 1648 à Winand et Jean-Henri d’Eynatten d’Obsinnich. Le comte Frédéric d’Eynatten la vendit en 1721 à la baronne de Hochsteden qui épousa le baron Christian de Furstenberg. Leur fils Théodore effectua le dernier relief le 4 octobre 1791 (Guillaume GRONDAL, Notices historiques sur Rémersdael, (Adm.comm.1953,pp 35-37).

Les acquéreurs de la seigneurie hautaine instituèrent une cour de justice qui se substitua à celle du ban établie à Montzen. En outre, alors que celle-ci ne jugeait que les délits de basse et de moyenne justice, les contraventions et délits, la cour de Hombourg exerçait la haute justice et pouvait prononcer la peine de mort, mais ses sentences en matière civile étaient susceptibles d’appel devant la haute cour de Limbourg. La cour était composée de sept échevins nommés par le seigneur et présidée par son représentant, le drossard. (Guillaume GRONDAL op.cit.,pp 36-37.).

A côté de ce corps judiciaire fut aussi créée une "régence" comprenant deux "bourgmestres" de Hombourg et deux de Rémersdael qui s’occupaient avec les échevins des questions administratives et financières, de la répartition des impôts, de la défense des intérêts des deux villages.

Cette ancienne magistrature des cours disparut en 1794 à la fin de l’Ancien Régime mais la région ne se soumit pas au régime français et attendait le retour des Autrichiens. Un soulèvement appelé "la Conjuration du Bois Rouge" éclata le 8 février 1799. Elle était motivée par la conscription obligatoire et par les persécutions religieuses. Le nouveau régime poursuivait en effet les prêtres insermentés dont le curé Mambour de Hombourg. La conjuration fut toutefois trahie et plusieurs prisonniers dont un hombourgeois furent exécutés au rempart St Léonard à Liège (in ibidem, p 62. MINDER, Un épisode de la Guerre des Paysans (bul.SVAH,t.XXXI) et Albert STASSEN, Die Verschwörung im "Roten Busch" (« Im Göhltal », N°l4,pp49-56,1973) et ibidem « La conjuration du Bois Rouge » in SAHPH 2000)

Après la tourmente de l’occupation française, la localité vécut des jours plus paisibles sous le régime hollandais et après l’avènement de la Belgique indépendante.

En 1850, 85 habitants de Rémersdael demandèrent à la Députation permanente l’érection de leur section en commune. Une mésentente régnait au conseil communal entre les deux villages et Rémersdael se plaignait de l’état des routes, de charges supportées par ses seuls habitants. Finalement, malgré l’opposition d’une majorité ‘hombourgeoise’ du conseil, la Députation permanente puis les Chambres adoptent le principe de la séparation et le Moniteur du 12 décembre 1852 publie la loi érigeant la section de Rémersdael en commune avec 590 habitants tandis que Hombourg en garde 1109 (Guillaume GRONDAL, op,cit.,pp 68-78). Le compromis qui permit l’aboutissement de la procédure consistait en un engagement de dix habitants de Rémersdael à payer la quote-part de Rémersdael dans la construction de la nouvelle route Hagelstein-Merckhof-Aix. Il apparait toutefois qu’au-delà de questions de routes et de charges financières, la position minoritaire du bourgmestre N.Grégoire, habitant Rémersdael, et, au-delà de lui du baron de Furstenberg, a grandement contribué à la séparation.

En 1881 naquit la rivalité qui a porté la renommée de Hombourg aux confins de la contrée. C’est en effet alors que, sous l’impulsion du curé, naquit la société St Joseph mieux connue sous le vocable « Joup » alors qu’existait déjà depuis 1591 une autre confrérie dédiée à St Brice , les « Bretse ». Ces rivalités désormais à caractère folklorique après avoir été politiques permirent toutefois une saine émulation théâtrale et musicale qui, sur ce dernier plan, se perpétue encore de nos jours.

A la fin du XIXe siècle et au début de ce siècle, la commune fut dotée d’un réseau routier moderne qui se superposa aux chemins vicinaux séculaires et, dès 1895, le chemin de fer fit également son apparition. Il avait pour but initial d’acheminer le charbon de Herve aux usines de Plombières. Hombourg fut doté d’une gare et d’une halte au Cheval Blanc, puis plus tard, après la guerre 1914-18 d’une gare à deux niveaux à Hindel, grâce à la création, pendant la guerre, de la ligne 24 Anvers-Ruhr, laquelle modifia fortement le paysage local, notamment avec l’amorce dès Hindel de la gare de formation de Montzen.

Dans la nuit du 3 au 4 août 1914, l’ordre fut donné à l’armée de faire sauter le tunnel de la Laschet. Ce fut en Belgique le premier fait annonciateur de la grande guerre. (René LYR, Nos Héros, (Bruxelles 1923), p38, et Hubert KOHL,inédit, Hombourg.).

L’entrée des troupes allemandes donna lieu à plusieurs exactions de la soldatesque à partir du 6 août, lorsque furent rapatriés les premiers blessés allemands de l’attaque de Liège. Une fusillade éclata à proximité du Cheval Blanc mais ne fit qu’une victime parmi la population, évidemment peu nombreuse, qui était restée sur place. Le 17 août les habitants du village furent rassemblés à l’église et ceux de Hindel dans une cave. Après une nuit de prière, ceux du village retrouvèrent leur maison pillée, ceux de Hindel furent libérés un à un sur la route. Le ravitaillement s’organisa depuis Epen en Hollande neutre, mais bientôt le fil électrique placé entre Hombourg et Sippenaeken, afin d’empêcher les volontaires de rejoindre le front de l’Yser par les Pays-Bas, coupa toute possibilité de passage. Le hameau de Terhagen, coupé de Sippenaeken par le fil électrique, fut rattaché de fait à Hombourg.

L’entre-deux guerres vit l’expansion du quartier de la rue de Rémersdael où fut établie en 1934-35 la beurrerie puis fut construite la caserne des cyclistes-frontières tandis que trois moulins connurent aussi une première expansion.

La seconde guerre mondiale fut marquée en son début par la destruction cette fois totale du tunnel de la Laschet qui fut ensuite déblayé tandis qu’un pont le remplaçait. La population de plusieurs hameaux fut victime des bombardements de la gare de Montzen tandis que la localité se trouvait annexée au Reich et en constituait même l’avancée occidentale extrême.

A la fin de la seconde déflagration mondiale, les alliés établissent sur le territoire de Hombourg le cimetière militaire américain de Vogelsang, qui sera toutefois appelé "de Henri-Chapelle".

Sur le plan linguistique, Hombourg choisit la langue française à l’école en 1919 et à l’église après 1945. La langue de l’administration est quant à elle le français dès le début du XIXe siècle. Au début des années 1960, la commune se défendit avec ses voisines des "9 communes" pour maintenir son statut linguistique et contre un éventuel rattachement au Limbourg ou aux cantons de l’Est.

Sur le plan politique local, particulièrement animé depuis 1881, le début du XXe siècle fut marqué de plusieurs retournements de situation mais une certaine réconciliation se produisit à la veille du premier conflit mondial, à la demande du nouveau curé et c’est le bourgmestre joupe Renier Stévens, président d’honneur de la société St Joseph qui est roy du tir de la société St Brice en 1914...

Dès 1919, les passions se rallument à l’occasion de la fête aux combattants. Entre les deux guerres, c’est la couleur verte des Brices ou Bretse qui prévaut à la maison communale sous la houlette du bourgmestre van der Heyden, mais, en 1938, notamment, semble-t-il, grâce au vote des volontaires domiciliés à la caserne, c’est la couleur rouge des joupes qui peut être hissée et c’est bientôt le bourgmestre Simons qui préside aux destinées de la commune. Il reprend ses fonctions à l’issue de la guerre et tentera, à partir de 1964, de réconcilier les clans rivaux en constituant une liste électorale unique. En 1970, une autre liste voit toutefois le jour tandis que le cartel du bourgmestre se disloque. Le "mayeur" décède le 17 février 1971 et, après avoir été minoritaire, une nouvelle majorité joupe présidée par le dernier bourgmestre de Hombourg, Hubert Locht, mènera la commune jusqu’à la fusion imposée des communes en 1976. Hombourg est alors englobé dans l’entité de Plombières avec les communes de Gemmenich, Montzen, Moresnet et Sippenaeken.

Hombourg amorce à la même époque un certain déclin démographique lié à la restructuration de l’agriculture et à l’abandon de nombreuses fermes et habitations des hameaux isolés, souvent reprises par des seconds résidents de nationalité allemande ou néerlandaise. Seule la construction de la cité en 1976 permet d’enrayer le phénomène tandis que la construction de nouvelles maisons individuelles connaît une expansion de 1986 a nos jours.

L’Industrie agro-alimentaire locale, la beurrerie, vit une expansion soutenue jusqu’en 1990, comptant jusqu’à 70 emplois et un chiffre d’affaire de près d’un milliard de francs. La restructuration du groupe laitier Interlac dans lequel elle fut englobée menaça de la sacrifier, mais elle fut ensuite reprise par le groupe Olympia de Herfelingen et connaît depuis 1995 un nouvel essor grâce surtout à un outil performant et souple qui permet le séchage de produits alimentaires divers.

Quant aux meuneries, nettement automatisées, l’une s’insère au sein d’un groupe agroalimentaire et l’autre se spécialise surtout dans la farine boulangère. La troisième a cessé ses activités.

La vie associative locale, moins soumise aux contingences du moment que l’activité économique, déploie toujours un foisonnement culturel, récréatif, sportif et folklorique dont le rayonnement ne se dément pas au fil du temps malgré la dimension modeste du village et l’âge désormais vénérable de plusieurs sociétés.

Le village a aussi accumulé au cours des siècles un patrimoine architectural à la fois varié et représentatif de la frange nord du Pays de Herve. Son petit patrimoine populaire et notamment ses croix en ferronnerie typiques dans la région restent aussi les témoins d’une ferveur religieuse bien ancrée.

Ces quelques propos brossés à très gros traits ne suffisent assurément pas à retracer l’histoire multiséculaire et presque millénaire d’un village au patrimoine historique particulièrement abondant, lequel mériterait à lui seul un ouvrage spécifique.

Les pages qui suivent permettront toutefois de découvrir plusieurs aspects particuliers de ce patrimoine commun, de cette mémoire collective, legs de nos ancêtres, qu’il appartient à la génération contemporaine de transmettre avec soin et dans son intégrité à la postérité.

Vues aériennes de Hombourg (1982) Image hébergée par servimg.comImage hébergée par servimg.comImage hébergée par servimg.comImage hébergée par servimg.com

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Commentaires (1)

1. brugmans gilbert 29/10/2009

ik zoek een aanwijziging van de oud burgemeester Simons Hubert van rond de jaren 1940-45.ik ben namelijk bevrind met een nicht van deze.zijn neef is namelijk de moeder van mijn vriendin,el is begraven in homburg.het is het echtpaar simons-coenen.
dank bij voorbaat.

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