Henri-Chapelle

Henri-Chapelle

Promenades avec splendides points de vue vers Aix-la-Chapelle, les Hautes Fagnes, le Pays de Herve, les roches calcaires de la Meuse, la Hollande.

" Maison fortifiée " à Ruyff au XIIe s.;

dès 1263 (duc Waléran IV) mêmes libertés que la ville de Limbourg;

route historique (passage des troupes de Condé, Wallenstein, de Prié, Napoléon) route actuelle tracée par Marie-Thérèse, améliorée par Napoléon;

église classée (poutre des 12 Apôtres);

musée de la Route;

les deux châteaux de Ruyff;

stèle américaine (bataille d'Aix-la-Chapelle, 1945);

à proximité, Cimetière Américain de Vogelsang (Hombourg).

 

CHÂTEAU DE RUYFF (Henri-Chapelle).

Image hébergée par servimg.com Le vieux Ruyff, assis dans une dépression de terrain, n'est qu'à 300 mètres à l'ouest de son voisin et puiné, le château de Baelen, dont il sera question à la notice suivante.

Moins important et d'aspect moins seigneurial que ce dernier, il nous parait plus pittoresque et plus attachant.

Ses murailles, délicieusement patinées, se mirent dans les douves qui l'enserrent de trois côtés, et dans la grande pièce d'eau qui le borde au Midi. Il comporte deux bâtiments en ailes reliés vers le Nord par un troisième bâtiment assez étroit.

C'est dans celui-ci que s'ouvre la porte d'entrée surmontée d'un fronton triangulaire supporté par deux colonnes. Ce bâtiment et l'aile Ouest paraissent dater du début du 19e siècle et sont dépourvus de caractère.

Les constructions entourent une sorte de cour herbue plantée de quatre ou cinq arbres fruitiers, qui s'avance en promontoire vers l'étang ; elle en est séparée par un mur de soutènement en demi-cercle couronné d'une jolie grille en fer forgé portant les armes des Fromenteau et des Le Pas, peintes sur fonte et fort détériorées ; de chaque côté du mur, un escalier de pierre descend jusqu'à l'eau.

La partie la plus intéressante du château est incontestablement l'aile Est : robuste quadrilatère d'un seul étage (tandis que le reste de l'édifice, plus moderne, en a deux), il est flanqué au Nord-Est d'une tour carrée en très forte saillie, dont la flèche à quatre pans est surmontée d'une cheminée au lieu de girouette. Les toitures sont à simple pente et à croupes.

Dans les parois extérieures se marquent encore des traces d'anciens arcs de décharge, et leur rejointoyage, de couleur ocre, mauve ou rosée ajoute encore à leur charme. Les fenêtres du 17e siècle, étroites et hautes, à croisillons, sont encadrées de moulures en bois. Le pignon Nord est percé, sous les combles, d'une petite baie murée à linteau triangulaire, qui pourrait dater du 14e siècle. L'intérieur ne recèle rien de remarquable, sinon une grande cheminée sculptée, en marbre rose, dans l'ancien salon servant actuellement de chapelle.

Bien que l'histoire des seigneuries - comme telles - soit étrangère à notre propos, nous croyons cependant devoir signaler l'erreur commise par de Ryckel, affirmant que la seigneurie de Ruyff fut « de tout temps divisée en deux parties appartenant à des seigneurs différents ».

Nous croyons au contraire qu'à l'origine, il n'existait qu'une seule seigneurie à Ruyff, ayant son siège au vieux château qui nous occupe, et dont le domaine s'étendait non seulement sur le territoire resté sous sa juridiction jusqu'à la fin de l'ancien régime, mais aussi sur celui de Baelen à Ruyff qui n'en est qu'un démembrement survenu vers le 15e siècle. Cette opinion s'appuie sur le fait que le premier relief du vieux Ruyff (1314) est de plus de deux siècles antérieur à celui de Baelen à Ruyff (1530) ; elle se renforce encore de la constatation que ce sont des descendants des anciens seigneurs du vieux Ruyff qui, par héritage, ont été mis en possession de la seigneurie de Baelen à Ruyff.

Voici comment le château se transmit jusqu'à nos jours.

En 1314, il est tenu par Henri de Rueve, fils de Winand de Julémont; en 1355, c'est Gothart van der Kapellen (Godefroid de la Chapelle) qui le tient, mais nous ignorons pour quelle raison.

Il vend le bien à Jehan Hanneman, de Baelen, qui le possède vers 1370. Chose curieuse et inexpliquée, Guedeken, femme de Jean Crommel (Krummel d'Eynatten) le tient aussi en 1380, pour l'avoir acheté au même.Les époux Crommel le possèdent encore en 1406.

La seigneurie passe ensuite à leur fils Diderick (Thierry) Krummel d'Eynatten, puis au fils de celui-ci, Jean Krummmel d'Eynatten, époux de Catherine de Schwartzenberg, qui partage ses biens entre ses enfants en 1457.

Ruyff échoit à leur fils Jean Krummel d'Eynatten qui de son épouse Sophie de Brempt, retint une fille, Jeanne Krummel d'Eynatten. Par le mariage de celle-ci avec Gérard de Palant, la seigneurie passe à cette famille.

Gérard de Palant relève en 1530 et vend Ruyff en 1534 à son frère Werner de Palant et à sa femme, Jeanne de Bronckhorst de Battenburg.

Ils transportent la nue propriété du bien à leurs enfants en 1551. L'un d'eux, Thierry de Palant, relève pour eux tous en 1554, après le décès de Werner de Palant, son frère aîne.

Ruyff passa ensuite au baron Carsilis de Palant, seigneur de Reuland, dont la veuve Ottilie de Vlodorp, relève en 1606.

En 1618, Werner de Palant - que nous n'avons pu identifier - en est le possesseur et le vend à son frère Philippe.

Le 20 novembre 1626, Jean-Werner de Palant en fait relief, puis le vend à Laurent Doenraedt. Celui-ci agit en qualité de mandataire de Nicolas de Groonenberg, époux de N. van der Heyden qui, en 1644, achètera la seigneurie de Henri-Chapelle. Ce fut lui qui acquit également la seigneurie de Veltjaeren.

Son fils Adam-Philippe de Croonenberg relève en 1655, par suite du transport que lui fait son père.

En 1689, saisie et confiscation du château et de la seigneurie contre lui et contre L. Brouvelt qui "aivent été condamnés pour avoir fabriqué de la fausse monnaie dans le château, mais Adam-Phil. de Croonenberg parvient à s'y faire réintégrer, puisqu'il fait relief en 1703.

Peu après, nouvelle saisie contre sa veuve ; la seigneurie est mise en vente et adjugée au général baron de Dopff, qui relève en 1709, puis vend le bien en 1716 à François Beaumont, qui fait relief en 1717.

Le château, mal entretenu par les Croonenberg, était fort délabré et la tour du côté du jardin (qui avait été bombardée par les Français en 1693), tombait en ruines.

En 1736, troisième saisie du château et de la seigneurie contre les héritiers de Beaumont, qui n'avait laissé que des dettes.

Les biens sont adjugés au chevalier Mathieu de Fromenteau, qui relève.

Il avait épousé Marie-Lambertine de Franquinet.

Après eux, le château et la seigneurie passent à leur fils, le baron Lambert-Antoine de Fromenteau (+ 1788), époux de Jeanne-Fr. Dd. Le Pas. Il fait relief en 1749, 1777 et 1785.

Leur fils, le baron Mathieu Arn. Guill. Ant. de Fromenteau de Ruyff, époux de Marie-Franç.lsab. de Nelis en hérita, mais il décéda sans hoirs à Ruyff en 1831 et le bien échut à ses neveux, les barons Auguste, Edouard et Jules de Waha-Baillonville, fils de sa soeur Angéline-Th. Cl. de Fromenteau de Ruyff, épouse du baron Henri-Louis de Waha-Baillonville (acte de partage not. Ernst, d'Aubel, 15-5-1815).

Par un second acte de partage du 11 août I835 (not Demptinne, de Villers-aux-Tours), les barons Auguste et Edouard de Waha-Baillonville restent seuls co-propriétaires indivis.

Le 13 octobre 1853 (acte not. De Tiège, d'Henri-Chapelle), ils vendent la propriété - d'une superficie de 89 Ha. - au baron Florent de Thiriart de Mützhagen qui, par testament, la laissa, avec tous ses autres biens à son petit-neveu le baron Gaston de la Rousselière-Clouard.

Enfin, en 1898, ce dernier donne à bail pour neuf ans le château et dépendances (étang, potager, jardin, etc., au total environ 3 Ha.) aux RR. PP. Lazaristes de Theux, puis leur vend cette partie du bien le 15 janvier 1907 (acte not. Lefebvre, de Verviers). Ils en sont encore propriétaires aujourd'hui.

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