Bolland

Nom du petit ruisseau qui traverse le village. On trouve ce nom "BOLAN" pour la première fois en 1221. Autrefois, Bolland appartenait aux Marquis d'Anvers. Mais, à cause de l'éloignement, ceux-ci s'occupaient très peu du village qui, jusqu'à la Révolution Française, garda son indépendance : il s'agissait d'une seigneurie.

Ce petit village a connu de riches et puissantes familles qui ont embelli la commune par leurs somptueuses constructions.

Eglise de Bolland : (alt. : 208 m.)

Image hébergée par servimg.comEglise dédiée à Saint Apollinaire, premier évêque de Ravenne au 2ème siècle. Elle a été construite entre 1714 et 1717 grâce à la générosité des seigneurs de Bolland, de la communauté villageoise et de son curé de l'époque, Antoine de Sarémont dont la pierre tombale est conservée dans le porche de l'église. La tour, toute en moellons, est surmontée d'une flèche bulbeuse qui s'élève à 42,5 m. au-dessus du sol. Le mobilier exécuté par des ébénistes liégeois est de grande qualité. Le maître-autel (1724) est l'oeuvre de Cornélis Van Der Werck. Englebert Fisen réalisa la peinture "Le Fortement de la croix". Les autels latéraux proviennent de l'ancienne église et sont ornés de peintures : l'une représentant la Vierge apparaissant à Sainte-Barbe, Sainte Catherine et Saint Nicolas; l'autre représentant le Vierge et l'Enfant.

Les lambris, les confessionnaux, les bancs sont de style Louis XIV. Les orgues du 18ème s., récemment restaurées sont très réputées.

Dans le transept gauche se situe la pierre tombale de Jean d'Eynatten (mort en 1510) et son épouse Marie de Brandenberg (décédée en 1534).

Edifice classé depuis le 15 mars 1934.

Chapelle de Noblehaye.

Image hébergée par servimg.comCette chapelle, aussi appelée chapelle Notre-Dame des Vertus, porte la date de son érection (1707) et les blasons du Comte de Lannoy et de sa femme Constance de Wignacourt. Dès le 17ème s., les pèlerins viennent y vénérer une statuette en pierre blanche de 10 cm. de haut qui représente la Ste Vierge tenant l'Enfant Jésus.

Cette vénération provient d'une légende : en l'an 1600, des compagnies franches, bivouaquant dans le bois de Noblebaye, virent une clarté extraordinaire. Croyant qu'il s'agissait de l'ennemi, les soldats prirent immédiatement les armes et coururent vers cette lumière. Ils furent bien surpris d'y voir la figure d'une vierge sortie du tronc d'un chêne et qui répandait autour d'elle cette brillante clarté. Ils se hâtèrent d'abord d'avertir le curé de Bolland qui se rendit processionnellement sur les lieux et rapporta la vierge avec dévotion dans son église, sur le maître-autel. Mais, miracle surprenant, le surlendemain, la vierge s'était replacée d'elle-même dans le tronc du chêne et il ne fut plus possible de l'en détacher. Dieu a voulu immortaliser en cet endroit le culte de sa très Sainte Mère, y opérant quantité de miracles par son intercession et chaque jour, des pèlerins en grand nombre y éprouvaient le secours de son assistance. Les habitants des environs ont donc fait bâtir une petite chapelle qui a existé jusqu'au 17ème siècle.

En 1707 donc, voulant donner à la Madone une demeure plus décente et à cause de l'affluence grandissante de pèlerins, le curé de Bolland Antoine de Sarémont, grâce à la munificence des châtelains de l'époque, édifia le choeur actuel de la chapelle qui fut agrandie en 1745. Le mobilier est de style Louis XV.

Une tradition locale rapporte que les jeunes filles en mal de fiancé venaient secrètement y mordre la grille.

Chapelle classée depuis le 15 mars 1934.

Statue du Sacré Coeur (Sur la Place du Wirhet). (Sur la Place du Wirhet). Image hébergée par servimg.comCette statue, érigée en 1929, porte une auréole qui fut découpée dans un morceau d'avion américain tombé à Hacboister à la fin de la seconde guerre mondiale.

Ferme de Berlaymont.

Image hébergée par servimg.comFerme fortifiée dont le portail est surmonté d'une haute tour rectangulaire coiffée d'une toiture pyramidale que termine un clocher (pierre armoriée de 1660).

Image hébergée par servimg.comAutrefois, l'entrée était fermée par une herse qui se relevait dans une fente aménagée au dessus. Cette longue façade de 50 m. est délimitée à ses deux extrémités par des tours carrées percées de meurtrières.

Château de Bolland.

Image hébergée par servimg.comLe château se situe juste derrière cette ferme; il est l'un des plus notables de la région, non seulement à cause de ses dimensions et son allure aristocratique mais aussi par la célébrité des différentes familles qui s'y sont succédées :

- du 13e au 15e s., la famille de Houffalize et Brandenberg 

- aux 16e et 17e s., la famille d'Eynatten, Berlo et Groesbeek ;

- du 17e au 19e s. la famille de Lannoy

- et enfin, la famille de Berlaymont.

La tour carrée du château est la partie la plus ancienne (13e ou 14e s.). La tour ronde et les bâtiments principaux datent du 16e s. et ont subi d'importants remaniements dans la seconde moitié du 17e s.

En 1920, le château et le domaine de 70 hectares furent mis en vente et acquis par le baron Adhémar de Royer de Dour de Fraula et, aujourd'hui, c'est son fils, Adolphe, qui l'occupe. L'ensemble est classé depuis le 27 septembre 1972.

Château "Les Cours".

Image hébergée par servimg.comL'origine de ce nom provient des premiers propriétaires de ce château : Licour en 1457, Leycourt en 1458, Lescourt en 1544. Cet édifice est aussi appelé "Château Lognay" du nom des propriétaires depuis le milieu du 18 s. jusqu'à la première guerre mondiale.

Du 18e s. subsistent intactes deux jolies tourelles dont une est percée de meurtrières exactement aux angles, ce qui constitue une anomalie.

Chapelle Sainte-Anne à Sarémont.

Dans une niche anciennement protégée par une grille en fer forgé se dissimule une statue de Sainte Anne. C'est en cet endroit que, jadis, aux 16ème et 17ème s., on étranglait puis brûlait les sorcières (ou prétendues telles).

Image hébergée par servimg.comIl existe, à ce propos, beaucoup de procès dont il reste une trace au ban de Dalhem. En parcourant ces dossiers, on peut se rendre compte de l'importance du phénomène auquel on ne peut rester indifférent car ces faits sont authentiques.

Il existait deux sortes de sorcellerie: la grande sorcellerie pratiquée par un magicien qu'on consulte, craint et protège, mais aussi la petite sorcellerie pratiquée dans les campagnes par des sorciers (ou plus souvent des sorcières) qui jettent des mauvais sorts. Ces sorcières appartenaient souvent à un milieu misérable : personnes âgées ou contrefaites qui avaient soi-disant fréquenté le diable ou qui étaient réputées telles par d'autres sorcières suppliciées (peut-être par vengeance) ou encore qui étaient accussées par des témoins avec lesquels elles avaient eu une dispute.

On les accusait d'ensorcellements, de maladies et de morts mais aussi de guérisons miraculeuses. Alors, sur dénonciations, ces personnes étaient arrêtées, jetées en prison et soumises à des interrogatoires longs et sévères. Pour obtenir leurs aveux, elles étaient soumises à la torture :

la froide, la chaude et la spéciale dite "la réveille" (qui consistait sans doute à empêcher de dormir). En aucun cas, la personne ne pouvait toucher terre car la terre devait certainement lui donner de la force. Dans certains cas, afin de rechercher sur le corps de l'inculpé la fameuse marque diabolique que Satan avait dû lui infliger dans les réunions du Sabbat, des chirurgiens y enfonçaient de longues aiguilles et décelaient sans doute un durillon:

c'était la marque diabolique recherchée et la preuve de culpabilité.

Si les faits n'étaient pas suffisamment prouvés ou graves, la sorcière était à jamais bannie de la juridiction et relâchée. Mais, si elle avait le malheur d'avouer, la peine de mort était immédiate.

La condamnée entrait dans un bûcher disposé comme une hutte sans toit dont seuls la tête et le buste dépassaient. La suppliciée était étranglée au moment où on la liait au poteau d'exécution et, finalement, le bûcher était allumé.

Ferme de Havrémont. Image hébergée par servimg.comIsolée dans la campagne, ferme de la première moitié du 18e s. qui se distingue par sa splendide façade de style Louis XIII.

Ancien Couvent des Récollets.

Image hébergée par servimg.comIl fut fondé en 1624 par Jean de Berlo, Seigneur de Bolland, et Marguerite d'Eynatten. Les religieux eurent rapidement l'occasion de déployer leur zèle apostolique car, en 1636, les Hollandais calvinistes votèrent un édit bannissant tous les prêtres catholiques du duché de Limbourg.

Image hébergée par servimg.comLes Récollets de Bolland, situés sur un territoire neutre, ne furent pas inquiétés et les fidèles des villages privés de pasteurs venaient les trouver en foule pour entendre la messe, se confesser ou se marier. Il y en avait tellement que l'on ne parvenait pas à trouver place à l'intérieur, même en disant la messe toutes les demi-heures.

Image hébergée par servimg.comDans la nuit du 17 décembre 1793, alors que la révolution avait chassé les religieux du Couvent, un événement se déroula dans ce cadre. La vallée était paisible et la nuit s'annonçait fort sombre. Dans le fenil de la grosse ferme Fortemps vivait, seul, le Père Louis qui avait refusé de partir. Lorsqu'il avait faim, il se rendait chez les bons paysans des environs qui lui remplissaient un sac entier de pain, de beurre et de fromage. Les prairies qu'il traversait étaient bénies car la population était persuadée qu'il était un Saint. Ce soir-là, donc, comme tous les soirs, la famille Fortemps était réunie autour du feu et parlait des brigands qui ravageaient à cette époque fermes et terres. Ces brigands étaient surnommés "chauffeurs" car ils "chauffaient" les pieds de ceux qui refusaient de céder leur argent.

La cloche venait de frapper 9 coups lorsqu'un des fils, Jean-Noël, alla rejoindre le Père Louis pour prier avec lui. Tous deux s'endormirent dans le fenil. Mais, peu après, ils furent réveillés par un coup de fusil et un cri de douleur déchira la nuit : c'était le chien Picard. Jean-Noël entrouvrit la "bawète" (lucarne par laquelle on rentre le foin dans le fenil) et entendit : "Ces avares ne sont pas d'avis de nous remettre leur bourse, nous leur chaufferons les pieds !"

Jean-Noël retira vers le haut l'échelle du fenil et referma la lourde trappe. "A mort les assassins ! A bas les voleurs !" cria-t-il ensuite pour détourner l'attention des "chauffeurs" qui s'apprêtaient à mettre la famille au supplice.

Entre-temps, le Père Louis était descendu par une corde pour aller demander du secours aux voisins. Les brigands tirèrent et tentèrent en vain de grimper par la trappe. Jean-Noël se défendait avec sa faux. Les voisins, armés de fourches et de tridents, arrivèrent bientôt et les brigands se sauvèrent en tirant quelques derniers coups de fusil.

Tout le monde était sauvé et le brave Louis remercia le bon Dieu.

 

2 votes. Moyenne 5.00 sur 5.

Commentaires (1)

1. BURETTE PHILIPPE 28/02/2011

bravo pour cette page et ses informations de grand intérêt.

Agé de 54 ans, la généalogie est ma passion depuis 15 ans. Mes ancêtres du côté de ma mère remontent vers les Franck, Bellefontaine et de Saremont Marie épouse de Jean de Bellefontaine. Marie de Saremont était née en 1656 et soeur aînée de Antoine Gilles, né en 1668, curé de Bolland ! J'ignorais toute l'histoire et l'implication du curé de Saremont dans l'édification du choeur de l'église et que, de plus, sa tombe était dans l'église. Sans tarder je m'y rendrai. Bravo et merci encore pour la magie du moment et la découverte de ce fait très important. Merci du partage de l'information et la qualité de cette page internet.

Ajouter un commentaire
Voyage en Amérique Latine Publicité pour ton site et échange de bannières

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×