la Baraque Michel

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L'histoire de Michel de la Baraque

1910, la Baraque Michel avec, à droite, ce qui restait des anciens bâtiments.

La Baraque Michel est sûrement le site le mieux connu des Hautes-Fagnes : point de départ d'excursions, auberge rustique mais de qualité, lieu de légendes aussi...

Michel Schmitz naquit près de Remagen, sur le Rhin, en 1758, et vint, à l'âge de quarante ans, s'installer à Jalhay comme valet de ferme. Un an plus tard, il épousa la fille de la maison, veuve avec un enfant. Vers 1808, il bâtit en fagne une cabane faite de gazons tourbeux et d'argile qui, plus tard, sera mieux connue sous le nom de " Baraque Michel "...

Par la suite, ses héritiers racontèrent que s'étant égaré en revenant de Sourbrodt, il fut confronté à une tempête si forte " qu'il ne voyait plus les croix , balises des chemins enneigés. Il se crut perdu et implora la Vierge, faisant voeu de bâtir ici une refuge pour les égarés... Une soudaine éclaircie lui permit d'apercevoir les feux de son hameau au loin. Il était sauvé ! Michel planta sa canne à l'endroit du " miracle ",et , dès le printemps suivant s'attela à la construction promise... La légende est née !

Mais si l'hypothèse du " miracle " doit être écartée, qu'est ce qui a bien pu pousser Michel à s'installer en cet endroit perdu, ingrat, désolé, mais néanmoins sur le lieu de passage de tous ceux de Verviers, Saint-Vith ou Eupen se rendaient à Malmedy, siège du tribunal de première instance, sous l'occupation française ?.

Michel, lassé de la vie familiale, avait-il tout quitté pour ouvrir là une " auberge " à la mesure de ses pauvres moyens ? C'est plausible. Il y a un an ou deux seul, avant que sa famille ne ce décide à le rejoindre.

A sa mort, en 1819, sa veuve lui succéda. Et, en 1826, un nouvel épisode aventureux, bien réel cette fois, allait marquer l'avenir de la " Baraque Michel ". Cet hiver là, M de Rondchêne, notable de Malmedy, se perdit dans la fagne au cours d'une chasse. Il dut son salut aux lumières de la Baraque qu'il rejoignit par hasard.

Après son décès, l'année suivante, son neveu, le chevalier Fischach, fit un don aux Schmitz qui leur permit d'aménager correctement l'auberge. En outre, il y fit installer une cloche qu'ils sonneraient par mauvais temps. Un registre connu sous le nom de " livre de fer " pour son armature métallique fut ouvert afin que " les voyageurs égarés et rappelés par le son de la cloche du désert veuillent bien y inscrire leur nom "...

Des dizaines de messages de remerciement allaient couvrir les pages de ce cahier durant une trentaine d'année avant qu'il ne brûlât dans l'incendie de l'établissement en 1889. Fischbach fit mieux :il acheta quelques ares de terre à proximité de la Baraque et , en 1830, y construisit une chapelle dédiée à Notre Dame de Bon Secours en souvenir de son oncle. Surmontée d'un clocheton, elle portait un fanal que les Schmitz s'engagèrent encore à allumer chaque soir. Ils s'en acquittèrent jusqu'en 1856 quand fut construite la route moderne Eupen - Malmedy. Ni la cloche, ni le fanal n'avaient plus guère de raison d'être.

La nouvelle chaussée passait un peu à l'ouest du vieux chemin et la maison fut reconstruite face à la route. La Baraque devint un relais de la malle-poste. Le dernier Schmitz mourrut en 1894 et sa veuve quitta la maison deux ans plus tard.

L'auberge changea de mains à plusieurs reprises. Des anciens bâtiments, il ne resta plus que les écuries, démolies plus tard par la famille Delincé, nouveau propriétaire depuis 1916 qui établirent définitivement la solide réputation de la maison. En 1954 elle cédait l'affaire à la famille Bodarwé.

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