Langue d'oïl

   Langue d'oïl

Le terme langue d'oïl désigne globalement la branche des langues gallo-romanes qui se sont développées dans la partie Nord de la Gaule, puis dans la partie Nord de la France, dans le sud de la Belgique (Belgique romane) et dans les îles Anglo-Normandes. Cette branche "nord-galloromaine" a subi davantage l'influence des langues celtiques et germaniques que sa cousine "sud-galloromaine", la langue d'oc, du Sud de la Gaule où les Romains s'étaient installés plus tôt et de façon plus dense.

On rencontre le terme langue d'oïl aussi bien au singulier qu'au pluriel, les langues d'oïl, le terme ayant deux sens et deux usages différents:

* Au singulier, la langue d'oïl est synonyme de français au sens large, d'après la classification la plus traditionnelle de la linguistique romane. La langue d'oïl implique alors que les variétés du domaine d'oïl sont des dialectes de la langue française, ou plutôt des variantes mutuellement intelligibles avec le français. (On peut faire le parallèle avec le terme deutsch qui en linguistique signifie la langue allemande, composée de dialectes mutuellement intelligibles, ou encore le terme occitan ou langue d'oc).

* Au pluriel, langues d'oïl signifie qu'il y a des langues distinctes dans le domaine d'oïl: le berrichon, le bourguignon-morvandiau, le champenois, le franc-comtois, le français, le gallo, le lorrain, le mayennais, le normand, le picard, le poitevin, le saintongeais, le wallon. Une langue d'oïl au singulier signifie une des langues de cette branche. Cette vision s'est développée depuis les années 1970 et fait concurrence à la précédente.

L'Académie française retient la définition suivante : la langue d'oïl regroupe l'ensemble des parlers pour lesquels oui se disait oïl (prononcez [wi] ou [wil], d'où "oui"). Selon cette définition, il n'y a donc pas de distinction particulière entre le parler franceis/françois (français historique) et tous les autres. De plus, la langue d'oïl étant un ensemble de parlers, il n'y a pas lieu d'utiliser le pluriel les langues d'oïl.

L'usage du terme « langue d'oïl » est attesté dès la fin du XIIIe siècle, il vient de Dante qui avait nommé trois langues romanes selon la manière de dire « oui » : la « langue d'oïl » (français), la « langue d'oc » (lenga d'òc, occitan) et la « langue de si » (italien). Oïl vient du Latin: hoc ille (celui-ci), oc de hoc (ceci), et si de sic (ainsi). On disait langue d'oïl au singulier car, entre les IXe siècle et XIIe siècles, il s'agissait davantage de variétés linguistiques mutuellement compréhensibles, plutôt que de langues distinctes à proprement parler. Auparavant, entre les IXe et XIIe siècles, on trouvait le terme romana lingua, terme attesté dans les Serments de Strasbourg (842).

Entre les XIIe et XIIIe siècles la plupart des parlers d'oïl allaient perdre de l'importance au profit d'un parler interdialectal favorisant les échanges littéraires et juridiques entre les régions. Cette koinè interdialectale allait ensuite se développer en région parisienne (ce qui explique que le parler francien en est la base), siège du pouvoir, et passer du statut de langue écrite à celui de langue parlée. À la fin du XIIIe siècle cette koinè avait pris officiellement le nom de français. Cette langue est toutefois (et l'est encore) influencée par les différentes langues locales, ce qui explique qu'un Parisien ne parle pas le français comme un Marseillais (occitan) ou un Namurois (pourtant parler d'oïl également).

Roger Bacon, dans son Opus maius, écrit en latin médiéval (traduit) au XIIIe siècle : "En effet, les idiomes d'une même langue varient selon les individus, comme il arrive à la langue française qui auprès des Français, des Picards, des Normands et des Bourguignons varie de manière idiomatique. Et les termes corrects dans la langue des Picards font horreur aux Bourguignons, et même aux Français plus voisins...".

Classification 

* Langues romanes

Langues gallo-romanes

+ Langue d'oïl, puis dialectes d'oïl et langues d'oïl

+ Francoprovençal ou arpitan

+ Occitan ou langue d'oc (intermédiaire entre langues gallo-romanes et ibéro-romanes)

+ Catalan (intermédiaire entre langues gallo-romanes et ibéro-romanes)

+ Groupe rhéto-roman (romanche, ladin, frioulan; intermédiaires entre langues gallo-romanes et italo-romanes)

 

+ Nord-italien ou italien septentrional (intermédiaire entre langues gallo-romanes et italo-romanes)

Le français, langue d'oïl 

L'une des formes locales de la langue d'oïl est devenue la langue française, qui s'est développée originellement en Île-de-France et dans l'Orléanais, et qui, au cours des siècles, s'est imposée comme langue officielle à l'ensemble du territoire français. Ou, plutôt, fut imposée comme langue officielle et obligatoire, davantage sous la Révolution et Napoléon que sous l'ancien régime. Néanmoins le français s'est imposé avec moins de réticence parmi les locuteurs de langue d'oïl, puisque l'apprentissage du français était beaucoup plus facile pour un Picard ou un Normand que pour un Breton, un Provençal ou un Alsacien. En Belgique, le français, proche du wallon et du picard, s'est là aussi imposé de façon presque naturelle, puisqu'elle n'a jamais été sous domination française de façon prolongée (ou très peu de temps, sous la Révolution et Napoléon). C'est pourquoi, dû à cette ressemblance, les langues d'oïl peuvent parfois être prises pour des dialectes du français, alors qu'elles se sont développées de façon parallèle.

Néanmoins, le français a été influencé par toutes sortes de langues, langue d'oc comprise, tant dans son vocabulaire que dans sa syntaxe.

Aperçu des langues d'oïl modernes 

Les langues d'oïl, langues régionales parlées en France et en Belgique sont, selon la liste établie sur la base du rapport d'avril 1999 du Professeur Bernard Cerquiglini, les suivantes :

* angevin

* berrichon

* bourguignon-morvandiau

* champenois

* franc-comtois

* francien

* gallo

* lorrain

* mayennais

* normand

* picard

* poitevin

* Français québécois

* saintongeais

* wallon

Le français historique, en tant que langue d'oïl ancienne d'Île-de-France, est parfois désigné sous le terme de "francien". Ce terme est un néologisme linguistique du XIXe siècle. En effet, avant on parlait tout simplement de franceis, françoys ou de françois (prononcé [frãntsëè], puis [frãswè]).

Le français québécois est aussi rattaché aux langues d'oïl, il n'est cependant pas une langue régionale de France. Le français s'est lui aussi imposé au Québec, comme langue écrite du québécois, puis comme langue parlée tout court, aussi dû au phénomène de ressemblance.

Des variétés de normand (jersiais, guernesiais et sercquiais) sont parlées dans les Îles Anglo-Normandes et reconnues comme langues régionales par les gouvernements de ces îles (le jersiais et le guernesiais sont reconnus comme langues régionales des îles Britanniques par le Royaume-Uni et la République d'Irlande dans le cadre du Conseil britannique-irlandais).

Le wallon, le picard, le lorrain roman (appelé gaumais) - il existe aussi des dialectes lorrains franciques - et le champenois sont reconnus en Belgique par la Communauté française en tant que langues endogènes depuis 1990.

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