Le cimetière américain d'Henri-Chapelle

Le cimetière américain d'Henri-Chapelle

C'est le lundi 11 septembre 1944 qu'Aubel fut libéré par les alliés.

Qu'en est-il du choix du lieu lors de la recherche d'un terrain capable d'accueillir les soldats morts au combat ?

"C'est ainsi que le 17 septembre 1944, la surprise des familles Putters, Taeter et Simons, revenant de la grand-messe par les échaliers, de découvrir d'une part, à l'orée du petit bois de Vogelsang, deux compagnies de soldats noirs américains qui avaient pris possession du bosquet et, d'autre part, gisant le long de la haie, une rangée d'une centaine de corps de soldats allemands.

Dans l'après-midi, les militaires américains demandèrent à pouvoir installer leur bureau provisoire dans la maison de la famille Putters à Vogelsang qui leur céda sa salle à manger (jusqu'en février 1945). Le hameau réalisa seulement à ce moment ce qui lui arrivait et ce n'est qu'alors que le propriétaire Monsieur Duesberg et les locataires (Messieurs Taeter et Simons) virent réquisitionner leurs prairies pour les besoins militaires.

" Image hébergée par servimg.com Au début, deux cimetières se sont établis l'un à côté de l'autre. Un cimetière allemand comprenant 10.600 tombes et un cimetière américain comptant quant à lui 16.500 dépouilles et 200 alliés. Dès 1946 et principalement en 1947, les corps des soldats allemands furent déterrés par des prisonniers allemands et amenés dans un cimetière dans la région de Lommel.

Le cimetière provisoire destiné aux américains fut donc créé officiellement le 28 septembre 1944.

Construit en 1949, le musée en plein air comprend de vastes cartes murales détaillant les offensives des alliés dans la conquête de l'Europe. Une chapelle et une colonnade comprenant 24 piliers rectangulaires portent les noms de 450 disparus. D’une superficie d’environ 23 hectares, il est avec le site du Lion de Waterloo, un des plus vaste site classé de notre pays. la construction du cimetière et du Mémorial fut terminée en 1960. Son inauguration eut lieu la même année.7992 soldats sont enterrés à Henri-Chapelle. Il s'agit d'un des 14 cimetières américains qui existe dans le monde. C'est dans ce cimetière que reposent aussi des aviateurs dont les avions ont été abattus au-dessus de notre région.

 

 

LE CIMETIERE AMERICAIN

dit de Henri-Chapelle

à HOMBOURG-Vogelsang

Cimetière Américain

Image hébergée par servimg.com  AVANT PROPOS

Après plus de 4 ans d'épreuve, notre contrée pouvait enfin revivre et laisser éclater sa joie les lundi 11 septembre (à Aubel, Remersdael et au sud de la Gulpe à Hombourg) et mardi 12 septembre 1944 (à Hombourg-village et dans le reste de l'actuelle Commune de Plombières).

Nous étions enfin libérés de l'oppression nazie.

Les "10 communes" de la région de Welkenraedt-Baelen-Plombières ainsi que La Calamine annexés unilatéralement au 3ème Reich depuis mai 1940 virent avec joie le démantèlement de la frontière qui allait de Sippenaeken à Merckhof Et de là vers La Clouse, Elsaute, Bilstain, Béthane ... et qui sépara pendant 4 ans la Belgique occupée de la Belgique annexée.

Les prisonniers, déportés, réfractaires à la Wehrmacht purent commencer à revenir chez eux s'ils le pouvaient encore, s'ils n'avaient pas payé de leur vie le fait de s'être trouvé au mauvais moment au mauvais endroit.

Les séquelles des bombardements de la gare de Montzen et ses alentours, des rafles, fusillades sommaires et autres exactions subies pendant 4 ans n'étaient pourtant pas près de s'estomper et beaucoup pleuraient un père, un fils, un proche tué ou disparu, voire des familles entières décimées lors des bombardements de la gare.

On croyait bien avoir tout vu au moment de la délivrance et pourtant, c'est après sa libération que notre contrée assista à partir du 17 septembre 1944 au triste spectacle des interminables convois de soldats morts, des milliers de victimes que l'on achemina de partout pour reposer dans notre sol.

C'étaient tant les dépouilles de nos libérateurs que celles de nos bourreaux. Certes beaucoup reposent ailleurs aujourd'hui mais près de 8.000 de nos libérateurs reposent à jamais chez nous.

Qu'au travers de ces quelques pages qui relatent l'érection de ce cimetière américain et plus encore lorsqu'il nous est donné de visiter l'immense nécropole où reposent à ce jour 7.989 de nos libérateurs, nous nous souvenions toujours du sacrifice de leur vie qu'ils n'hésitèrent pas à accomplir pour que nous puissions vivre libres.

HISTOIRE

  LE SITE DE HOUDEL-VOGELSANG AVANT 1944

Avant septembre 1944, le site du plateau de Houdel-Vogelsang à Hombourg était une vaste étendue de prairies perdues aux confins de la localité de Hombourg, près de la crête en direction de La Clouse.

Le vieux chemin vicinal de Vogelsang à La Clouse par Houdel et celui de Houdel vers Hof avaient été remplacés au fil du temps par les sentiers avec échaliers à travers les prairies que suivaient les habitants de Vogelsang pour se rendre à la messe à La Clouse ou au couvent de Gensterbloem.

L'accès carrossable à Vogelsang se faisait par un chemin parallèle au chemin actuel, pratiquement là où se trouve aujourd'hui la lisière du domaine des Etats-Unis d'Amérique. Il débouchait entre deux rangées d'arbres encore visibles près de la petite croix en fonte à la "Herschtroot", I'axe principal sur la crête.

La vue que l'on a depuis le petit promontoire de Houdel  vers le Pays de Herve est superbe et ce fut cette splendide vue qui charma l'officier de la Première Division d'infanterie de la Première Armée américaine chargé de repérer à proximité d'Aix-La-Chapelle un terrain pour accueillir les dépouilles de ses compagnons d'armes tombés au champs d'honneur ainsi que les soldats allemands tués lors de l'offensive alliée.

Ce terrain présentait une surface relativement plane marquée seulement par une dénivellation mineure; il était en outre suffisamment vaste pour accueillir une nécropole dont l'officier ne pouvait toutefois par encore connaître l'ampleur prévisible car la Bataille d'Allemagne ne faisait que commencer et nul ne se doutait encore de la contre-offensive allemande de Von Rundstedt qui allait marquer l'hiver 1944-1945.

"Herschtroot est la dénomination dialectale de l'actuelle " Route du Mémorial Américain " et signifie en fait " Voie des Armées " mais ce sens s'est estompé au profit de la signification "Voie du Maîlre" (en fait le duc de Limbourg car cette voie ancienne reliait Limbourg via Henri-Chapelle à Maestricht).

Houdel ou Hoddel llittéralernent " Loque ") est le nom de la ferme qui existait à la Herschtroot en face du vieux chemin de la Clouse et qui fut englobée dans le cimetière américain. c'est là que débouchait jadis les chemins vicinaux n° 8 venant de Vogelsang et n° 9 de Hof et Patloy.

LE CIMETIERE PROVISOIRE (1944-1949)

Quelle ne fut pas, le dimanche 17 septembre 1944, la surprise des familles Putters, Taeter et Simons, revenant de la grand-messe par les échaliers, de découvrir d'une part, à l'orée du petit bois de Vogelsang, deux compagnies de soldats noirs américains qui avaient pris possession du bosquet et, d'autre part, gisant le long de la haie, une rangée d'une centaine de corps de soldats allemands.

Image hébergée par servimg.com Dans l'après-midi, les militaires américains demandèrent à pouvoir installer leur bureau provisoire dans la maison de la famille Putters à Vogelsang qui leur céda sa salle à manger (jusqu'en février 1945). Le hameau réalisa seulement à ce moment ce qui lui arrivait et ce n'est qu'alors que le propriétaire Monsieur Duesberg et les locataires (Messieurs Taeter et Simons) virent réquisitionner leurs prairies pour les besoins militaires. Le cimetière provisoire destiné aux américains fut créé officiellement le 28 septembre 1944.

L'on inhuma ici des soldats américains tombés durant l'avance de la 1ère Armée à travers la France, la Belgique, la Hollande et le Luxembourg,

Dès les premiers jours de la bataille d'Aix-La-Chapelle, le nombre de dépouilles amenées à Vogelsang fut impressionnant et le triste convoi perdura inlassablement durant tout l'automne 1944 et l'hiver 1944-1945- suite au déclenchement, le 16 décembre 1944, de la contre-offensive allemande des Ardennes.

C'est d'ailleurs à cet endroit que furent établis les avant-postes de la ligne de défense américaine. Ce furent en fait deux cimetières qui furent établis côte à côte, l'un allemand avec 10.600 corps et l'autre américain avec 16.500 dépouilles de soldats américains ainsi que quelque 200 alliés.

Le cimetière allemand se situait à droite d'une haie existante à l'emplacement approximatif de l'allée centrale actuelle. Il n'englobait toutefois pas la ferme de Houdel ni la prairie se trouvant derrière celle-ci. Tous les corps allemands étaient mis en bière dans des caisses de bois blanc puis rangés et surmontés d'une croix à laquelle était accrochée le matricule de chaque soldat.

Dès 1946 fut décidée la désaffectation du cimetière allemand. Les autorités américaines voulaient rapatrier tous ces corps en Allemagne mais les autorités de la RFA refusaient de payer le transfert tandis que les autres autorités alliées des secteurs Français et Anglais de l'Allemagne occupées refusaient que le transfert se fasse dans leur secteur.

Or, le secteur Américain était trop distant, si bien que les 10.600 corps furent déterrés par les prisonniers allemands, surtout en mars 1947, puis acheminés dans le cimetière allemand de Lommel où ils furent inhumés deux par deux avec une croix en béton pour deux.

Ce cimetière est entretenu par des souscriptions du public allemand. Le transfert vers Lommel s'acheva complètement en 1947.

Le cimetière provisoire américain s'étendait quant à lui bien au-delà de la limite actuelle du cimetière, côté Merckhof puisqu'il comprenait quelques ha de plus, de part et d'autre de l'actuel chemin de Vogelsang, jusqu'à une maison préfabriquée (transférée depuis à Chaineux) et un hangar (qui subsista jusque dans les années 1970), lesquels étaient affectés au sous-intendant qui avait la surveillance des lieux.

Les 16.500 croix de chêne peintes en blanc des tombes de soldats américains comportaient chacune, au dos, le matricule des soldats inhumés.

Les familles des soldats américains réclamaient pour la plupart le rapatriement des corps en Amérique, de sorte qu'en 1948-1949 une réorganisation complète des cimetières américains d'Europe fut entamée avec la suppression de plusieurs cimetières, Foy (près de Bastogne) et Fosse- La-Ville dont les corps furent en partie amenés à Vogelsang tandis qu'une part importante de ceux qui y étaient furent rapatriés en Amérique.

LE CIMETIERE PERMANENT

A cet effet, les autorités militaires cédèrent le relais le 16 décembre 1949 à l'American Battle Monuments Commission {A.B.M.C.), un organisme créé par une loi américaine en 1923 et chargé de la gestion et de la réorganisation des cimetières américains en Europe et dans le monde. Après fermeture du cimetière au public les corps enterrés jusque là dans des sacs hermétiques furent déterrés, décharnés, remis en bière dans des triples cercueils hermétiques de bronze valant quelque 85 000 frs de l'époque chacun puis acheminés vers l'Amérique par bateau. C'est une compagnie de transport de 110 hommes, tous de nationalité polonaise mais relevant de l'autorité américaine, qui assurait le transport vers Anvers 

Pour mener les opérations au cimetière, à partir de 1948, l'armée américaine puis l'A.B.M.C. eurent recours à des embaumeurs professionnels et environ 130 ouvriers de la région, puis, lorsque les travaux prirent une grande ampleur, à environ 300 chômeurs provenant du centre du pays dont un grand nombre de dockers en chômage. Ceux-ci logeaient aussi à la caserne de Hombourg et provoquaient tant au cimetière qu'à la caserne de fréquents désordres, vols en tous genres (surtout au cimetière où les rapines connaissaient une ampleur énorme allant du simple vol de couvertures jusqu'à la disparition de camions).Ils furent évidemment remerciés les premiers et ne participèrent pas aux travaux de réaménagement du cimetière mais seulement aux travaux de déterrement et de réenterrement qui couvrirent en fait les annves 1948 et 1949.

Les corps réinhumés appartiennent à la 1ère Division US mais aussi à la 2ème Division d'infanterie, la 4ème, la 5ème, la 9ème, la 28ème et la 83ème, les 29ème et 30ème qui encerclèrent Aix, la 35ème qui combattit à " Omaha Beach " en Normandie, la 70ème, la 78ème et la 79ème, les 26ème, 75ème, 87ème et 4ème Divisions blindées qui portèrent secours à la 101ème encerclée dans Bastogne, les 84ème, 95ème, 100ème, 102ème, 104ème et 106ème Divisions qui subirent toutes des pertes énormes lors de la contre-offensive allemande de von Rundstedt, la 7ème Division blindée qui défendit St Vith et y arrêta l'offensive, les 89ème, 90ème et 94ème Divisions d'infanterie et les 5ème, 6ème, 8ème, 11ème et 12ème Divisions blindées qui ouvrirent la route du Rhin à travers la Sarre pour la 3ème et la 7ème Armées.

Enfin, il faut relever aussi dans ce cimetière des héros de la 2ème Division blindée du Général Patton, de la 3ème Division blindée qui encercla Mons et captura 27 000 allemands, de la 7éme Armée qui délivra Liège, de la 9ème Division blindée Phantom et de la 82ème Division aéroportée qui lutta avec la 101ème pour briser l'encerclement de Bastogne.Les 7989 Américains qui reposent aujourd'hui à Vogelsang ont été tués pour la plupart lors de la contre-offensive des Ardennes et durant l'avance alliée en Rhénanie, de l'automne 1944 au printemps 1945. On compte toutefois aussi des aviateurs alliés abattus au dessus de nos contrées. Les soldats enterrés proviennent de 49 Etats américains ainsi que d'Angleterre et du Panama. Parmi eux, on retrouve 32 fois deux frères, et une fois trois frères, qui reposent chaque fois côte à côte. 94 stèles ne comportent pas de nom car il n'a pas été possible d'identifier les corps.

Une stèle de marbre blanc marque chaque tombe, une Etoile de David pour les Israélites, une Croix Latine pour tous les autres. 39 % des corps inhumés dans le premier cimetière furent réinhumés (environ 6.400} à Vogelsang tandis que les autres provenaient des cimetières supprimés de Fosse et de Foy.Le plus haut gradé inhumé ici est le Général de Brigade Frederick W Castle, de l'Armée de l'Air US, abattu dans la région le 24 décembre 1944 et qui commandait la plus grande formation de bombardiers ayant jamais opéré durant toute la seconde guerre mondiale. Pour établir le nouveau cimetière, l' Etat Belge racheta les 23 ha à la famille Duesberg puis les céda pour le franc symbolique aux Etats-Unis d'Amérique en 1949.

Le cimetière permanent comprend en fait le terrain abandonné par l'ancien cimetière allemand et la ferme de Houdel ainsi que la prairie à l'arrière de celle-ci qui ne faisaient pas partie du premier périmètre, tandis qu'en direction de Merckhof, la nouvelle limite s'établit approximativement à l'emplacement du chemin qui menait jusque là à Vogelsang mais qui fut désaffecté.En effet, I'A.B.M.C. souhaitait établir un rideau boisé tout autour du cimetière et construisit l'actuel chemin de Vogelsang à une bonne centaine de mètres de l'ancien. Les prairies occupées par l'ancien cimetière américain vers Merckhof furent nivelves et rendues aux exploitants de Vogelsang. Deux des 3 fermes de Vogelsang furent largement amputées par la création du cimetière tandis que la ferme de Houdel fut supprimée et ses bâtiments utilisés pour les besoins du cimetière. Les travaux d'établissement du nouveau cimetière furent menés par l'entreprise Saterco (nivellement et construction du mausolée). On supprima une légère dépression existante ainsi que le sommet de la butte de l'autre côté de route.

Trois emplacements furent envisagés pour le mausolée: le sommet de la butte de l'autre côté de la route (partie située sur Aubel), le fond du cimetière, près du petit bois de Vogelsang et enfin l'emplacement actuel qui fut finalement choisi surtout en raison de sa visibilité. Ce furent les architectes Holabird, Root, Burgee et l'architecte-paysagiste Franz Lipp, tous de Chicago qui conçurent le cimetière et le mausolée. Ils dessinèrent l'enclos des sépultures en huit carrés désigneés chacun par une lettre de " A " à " H ". Chaque carré est sépare par des bandes gazonnées tandis que l'allée centrale, également gazonnée sépare deux chemins parallèles en dur qui mènent vers le mur du fond adossé au petit bois de Vegelsang, où se dresse l'un des deux mâts porte-drapeau.

Les rangées de stèles en marbre de Lasa sont légèrement curvilignes et en pente douce) vers Vogelsang . Pour ancrer les croix au sol, le sous-sol du cimetière est truffé, toutes les 5 croix, de pieux de 2 m de profondeur sur lesquels sont fixées des voûtes en éventail munies de goujons de bronze. Tout le sous-sol est parcouru de tuyauteries avec vannes d'arrosage. Enfin, un puits d'une capacité de 25 m3 d'eau à l'heure est destiné à assurer l'autosubsistance en eau du cimetière.Le mur d'enceinte qui clôt le cimetière proprement dit est bordé de buis en massifs tandis qu'au-delà un cadre de verdure composé de sapins, de bouleaux, de mélèzes et de 24 massifs de rhododendrons sépare nettement le cimetière de son environnement. Une haie de 1 61 5 m d'aubépine et de 950 m de buis entoure le tout.

De l'autre côte de la route, sur le territoire d'Aubel, une vaste pelouse entourée d'une aire en dur conduit à un belvédère donnant sur le Pays de Herve avec un panorama splendide, celui-là même qui ravit l'officier chargé de l'implantation du cimetière initial. L'esplanade qui mène à la colonnade est bordée de rosiers roses et rouges, d'iris et de népètes tandis qu'au bas de la colonnade, s'étalent de chatoyants massifs de pétunias, géraniums, roses blanches et autres fleurs saisonnières. Une terrasse de gazon bordée de buis taillé et de saules pleureurs agrémente les abords immédiats de la colonnade. La colonnade est composée de 12 paires de piliers rectangulaires sur lesquels sont gravés les noms de 450 disparus dont les restes ne furent jamais retrouvés ou identifiés ainsi que le sceau de chacun des Etats et Territoires des USA. La frise de la colonnade en mosaïque vernissée est décorée de 13 étoiles d'or. A l'extrémité gauche du mausolée dont la colonnade forme le centre, se trouve la chapelle ouverte aux différents cultes auxquels appartenaient les soldats et officiers enterrés ici. La lourde porte de la chapelle est en bronze, l'autel en marbre bleu de Belgique et en marbre vert d'lssorie (Italie). Les bancs en noyer sont disposés de façon asymétrique par rapport à la croix et les vitraux en accentuent encore l'effet harmonieux.

A l'extrémité droite de la colonnade, la salle-musée accueille les visiteurs avec de vastes cartes murales détaillant les différentes offensives des alliés dans la reconquête de l'Europe. Outre les informations sur le cimetière dont peuvent y disposer les visiteurs, il leur est loisible d'y signer le registre.L'ensemble du mémorial est recouvert de pierre calcaire de Massangis provenant de la Côte d'Or en France tandis que le sol de la colonnade, de la chapelle et du musée est en granit du St Gothard. Devant les carrés des tombes s'élève sur une colonne un Archange de bronze faisant don d'une branche de laurier au Héros Mort pour lequel il implore le Tout-Puissant.

Ces Polonais avaient participé à la campagne d'Italie et logeaient à la caserne de Hombourg; leur lieutenant, M. Myrza-Bierzinsky, qui habitait la " villa américaine ", rue de Sippenaekan avait épousé Mme Christine Komorowsky, la nièce du Général Baur-Komorowsky qui commanda l'insurrection de Varsovie.

Le marbre de Carrare utilisé dans les cimetières américains de 1914-18, tel Waregem, n'avait pas été jugé assez résistant. Une seule croix de Vogelsang est en marbre de Carrare pour la comparaison.

INAUGURATION ET MEMORIAL DAY

Cette importante nécropole, la plus vaste de Belgique, fut inaugurée le 9 juillet 1960, soit 12 ans et 1 mois après la cérémonie qui marqua, le 9 juin 1948 la première réinhumation. L'inauguration de juillet 1960 en présence de M. William, AM Burden, Ambassadeur des USA en Belgique, du Général Jacob L. Devers, président de la Commission des Monuments de guerre Américains, de M. John Mc Cloy, délégué du Président des Etats Unis, de M. Van der Schueren, ministre de la Défense belge, de nombreux officiers supérieurs alliés, du Gouverneur de la Province, du Commissaire d'arrondissement, des bourgmestres des comrnunes environnantes, des délégations des autorités civiles et militaires belges et de nombreuses délégations d'anciens combattants, etc... fut à l'image de chaque Memorial Day, empreinte d'un grand recueillement malgré l'affluence nombreuse.

Les autres cimetières américains de 1940-1945 furent inaugurés à la même époque et notamment ceux de Neuville-en-Condroz (5.328 tombes} et de Margraten en Limbourg Néerlandais {8.301 tombes) inaugurés respectivement les 11 et 7 juillet 1960.

Chaque année, à la fin mai ou au début juin, a lieu, depuis 1945, le Memorial Day auquel participa la première fois le général Eisenhower en personne.

La cérémonie qui a eu lieu le 28 mai 1994 était la cinquantième organisée à Vogelsang.

CIMETIERE DE "HENRI-CHAPELLE"

Lorsqu'en septembre 1944, l'officier américain chargé de repérer un site favorable, se fixa sur le site de Houdel-Vogelsang, il ignorait où il se trouvait mais, venant par Henri-Chapelle de la direction d'Aix-La-Chapelle, il ne se souvenait que de ce village.

Lorsque, peu de temps après, les troupes américaines amenèrent les corps de milliers de soldats venant de Rhénanie, on leur indiquait de prendre la direction de Liège jusque Henri-Chapelle, puis de tourner à droite.

Image hébergée par servimg.com

A cet endroit, elles trouvèrent en outre un guide parfaitement anglophone en la personne de l'échevin Mevers de Henri-Chapelle, lequel ne tarda pas d'ailleurs à travailler au Cimetière Américain et en qui d'aucuns virent l'auteur de la méprise rapidement apparue quant au nom du "Cimetière Américain de Henri-Chapelle" alors que ce dernier ne comporte pas un pouce de territoire appartenant à cette localité mais est en réalité entièrement situé sur Hombourg, à l'exception du belvédère vers le Pays de Herve, de l'autre côté de la route, qui se situe sur Aubel.

Dès qu'apparut cette méprise des troupes américaines, la commune de Hombourg tenta plusieurs démarches auprès du Ministère Belge de l'intérieur afin que la nécropole puisse porter le nom de " Hombourg-Vogelzanck ".

Mais ce fut en vain car, au-delà de hypothétique influence qu'aurait pu avoir Monsieur Meyers (qui devint par la suite bourgmestre de Henri-Chapelle) les autorités américaines ne donnèrent pas suite aux sollicitations de la commune de Hombourg surtout par facilité, car le nom de Henri-Chapelle avait déjà travaersé les mers et la crainte de confusions ultérieures, les amena à maintenir cette inexactitude historique.

Ce site classé est avec celui du Lion de Waterloo, autre nécropole imposante, un des plus vastes de Belgique. L'un comme l'autre porte un nom qui ne correspond pas à la réalité géographique puisque le " Lion de Waterloo " n'est pas sur le territoire de Waterloo mais de Braine-l'Alleud, comme le site du " Cimetière Américain " de Henri-Chapelle n'est pas sur Henri-Chapelle, mais sur le territoire de Hombourg.

PROTECTION ET GESTION DU SITE

Le site du Cimetière Américain fut classé en vertu de la législation sur les Monuments et Sites le 29 mai 1952 et couvre non seulement les 23 ha du cimetière mais un large périmètre d'environ 337 ha dont 226 sur Hombourg et le reste sur Aubel-La Clouse.

Le site classé forme un vaste quadrilatère bordé au nord par un autre site classé (Vieljaeren} et le Stribweg, à l'est par le hameau de Gensterbloem, au sud par le chemin de Gensterbloem à La Clouse et puis, par la route de La Clouse à Aubel jusqu'au vieux chemin de Berg qui forme la limite ouest.

Le cimetière est entretenu par l'American Battle Monuments Commission qui emploie une vingtaine de personnes à l'entretien (plus de 30 pendant les années d'installation du cimetière permanent).

La direction du cimetière est assurée par un "superintendant". Se sont succèdes: MM Burt Dewey (1949-19761), Stephen Hubai (père) (1976-1981), Berloth (1981-1983) et Patrick Hubai (fils} 11983 à ce jour) tandis que le personnel fut dirigé par des belges pratiquant l'anglais (successivement MM Meyers et Dodémont). Les sous-intendants qui ont assuré la surveillance du cimetière sont MM Grove, Antonelly, Blaise, Decker, Dodérnont, Carraher, Martin.

La mission de l'American Battle Monuments Commission en ce qui concerne la gestion des cimetières américains est prévue pour un terme de 100 ans minimum. Elle s'en acquitte de façon exemplaire en maintenant le site dans un état d'entretien impeccable en permanence.

Une large majorité des tombes du cimetière américain a été adoptée par des familles belges de la région ou d'ailleurs. Elles les visitent et déposent de fleurs.

Le nombre de visiteurs ne décroît pas d'ailleurs au fil les ans et ils sont toujours plusieurs centaines de milliers qui visitent le site chaque année. Quant à leur origine, elle est multiple. Outre les régionaux, les Belges, les Américains, on trouve dans le registre des signatures provenant de toutes les latitudes et de tous les continents.

Puisse la mémoire de ceux qui reposent dans notre sol et qui ont donné leur vie pour que nous recouvrions la liberté rester gravée à jamais dans nos coeurs !

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Commentaires (1)

1. Gerard Bisanti 17/10/2010

Is Patrick Hubai still in charge ? If so could you please give him my e-mail ? gerardbisanti@hotmail.fr (South East Missouri State 1966);
Thank you.

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