Cerf - Cervus elaphus

Nom scientifique : Cervus elaphus Linné Nom français : Cerf (Cerf élaphe, Cerf rouge, Cerf d’Europe) Nom wallon : Chèrf Nom néerlandais : Hert Nom allemand : Hirsch Nom anglais : Deer

Le Cerf fait partie du sous-ordre des Ruminantia (ruminants), famille des Cervidae (cervidés).

QUELQUES AUTRES DENOMINATIONS

Cerf mâle : Cerf (désigne donc à la fois l’espèce et le mâle), Cerf boisé Cerf femelle : Biche Jeune : Faon (quel que soit le sexe) Boisés : désigne l’ensemble des cerfs mâles Non-boisés : désigne l’ensemble les biches et des faons Daguet : cerf mâle d’un an Bichette : cerf femelle d’un an Cerf quatre-cors, six-cors, huit-cors… etc : cerf mâle désigné en fonction de sa ramure (nombre de cors ou pointes ; on multiplie par deux le nombre de pointes du côté le plus fourni)

LE PLUS GRAND DES CERVIDES DE CHEZ NOUS

Le Cerf est le plus grand et le plus lourd des cervidés présents à l’état sauvage dans nos forêts d’Ardenne. Adulte, il atteint la taille d’un petit cheval, il peut peser plus de 100 kilos, alors que son cousin, le chevreuil (Capreolus capreolus L.) ne dépasse pas la taille d’une chèvre domestique et pèse de 20 à 30 kilos. Le Cerf peut vivre une quinzaine d’années, très rarement davantage à l’état sauvage. Il atteint l’apogée de son développement vers l’âge de 10 ans.

BOIS ET CORNES

Seul les cerfs mâles portent des bois, qu’ils perdent et refont entièrement chaque année. Surtout, ne parlons pas de cornes ! Il s’agit en effet de deux attributs très différents !

Les bois sont des productions osseuses, annuellement caduques, innervées et irriguées de sang ; ils s’allongent par leurs extrémités. Bien que reproduisant souvent des structures identiques d’une année à l’autre, ils peuvent connaître d’importantes variantes et ne permettent PAS de déterminer l’âge de l’animal. On les retrouve notamment chez le Chevreuil, le Daim, l’Elan, le Renne (mais chez ce dernier les femelles en portent aussi). Paradoxalement, tous ces porteurs de « bois » sont regroupés dans le langage scientifique sous le nom de « cervicornes », ce qui n’est pas pour simplifier les choses…

Les cornes, elles, sont des productions épidermiques (comme les griffes, les poils,…), persistantes, creuses, s’allongeant par la base et grandissant régulièrement d’année en année, ce qui permet généralement de déterminer l’âge de l’animal. On les trouve chez le Mouton, la Chèvre, le Chamois, le Bouquetin, le Mouflon, etc…). Les animaux qui en sont pourvus sont appelés « cavicornes ».

LE CYCLE DE LA RAMURE

Le cerf mâle perd ses bois chaque année entre la fin février et le début mai, la chute de la ramure des sujets les plus âgés précédant généralement celle des plus jeunes. Ce phénomène est d’origine hormonale et lié à la variabilité de la durée du jour et de la nuit. Un bois « jeté » par un cerf est appelé une « mue ».

Les bois regrandissent rapidement, enrobés d’une peau fortement irriguée et dénommée le « velours ». La croissance des bois est stupéfiante : près d’un centimètre par jour pour les plus grands, d’avril à juillet. Au terme de cette croissance intervient une calcification qui entraîne le dessèchement du velours, dont le cerf se débarrasse en se frottant aux arbres. Vers le mois d’août, les ramures des cerfs apparaissent sous leur aspect achevé et ne se modifieront plus jusqu’à leur chute au printemps suivant.

D’habitude, les bois des cerfs sont de plus en plus longs, lourds et ramifiés au fur et à mesure que l’animal vieillit. Mais cette règle connaît de nombreuses exceptions, les sujets les plus forts progressent plus rapidement que d’autres, tandis que des circonstances fortuites, comme une blessure, un hiver rude entraînant une disette, etc… peuvent provoquer une stagnation, voire une régression temporaire du développement de la ramure. C’est pourquoi l’observation des bois ne peut servir à déterminer l’âge d’un cerf : tout juste peut-elle servir d’indication, d’autant plus fiable que l’on connaît déjà l’animal depuis un certain temps et qu’on a pu suivre son évolution. 

MŒURS ET HABITAT

Le cerf est un animal de steppe, doué pour la course dans les grands espaces. Il est d’instinct grégaire, aimant se regrouper en « hardes » qui peuvent compter plusieurs dizaines d’individus, le plus souvent du même sexe et conduits par une bête expérimentée, reconnue par les autres comme « meneuse »..

Mais il affectionne par-dessus tout la quiétude et son caractère très farouche – lié au fait que l’homme l’a quasiment toujours chassé – a fait en sorte qu’au fil du temps il est devenu un animal réfugié dans les grands massifs forestiers et de mœurs généralement crépusculaires, sinon entièrement nocturnes.

Sa faculté d’adaptation a non seulement garanti la pérennité de son espèce, mais lui a permis de tirer parti, sous nos latitudes, de certaines modifications de son milieu d’origine : création de vastes massifs de résineux, avec des fourrés « sûrs », extension des prairies, des cultures, procurant des sources de nourriture en compensation à la disparition des landes. De plus, la disparition des grands carnivores tels que le loup et l’ours, le laisse sans prédateur naturel. Il n’est donc pas étonnant que l’équilibre entre les cerfs (et les autres cervidés) et le milieu qui les abrite soit devenu un problème, surtout en tenant compte de la valeur économique de la forêt et des cultures.

Il est vrai aussi que peu d’animaux ont été, comme le Cerf, un gibier convoité – et en même temps entretenu – depuis des temps immémoriaux. Mais quel que soit le jugement que l’on puisse porter sur la chasse et ses motivations, il reste que dans les conditions actuelles une « gestion » des populations de cerfs par intervention de l’homme est nécessaire pour sauvegarder un certain équilibre du milieu forestier.

UNE VIE DE CERF

C’est au cœur du printemps, fin mai – début juin, que la biche met bas un faon, rarement deux, dans un coin tranquille de la forêt. Après quelques heures, le faon, dont la robe est brun clair et parsemée de taches claires ; est capable de suivre sa mère, mais se couche volontiers sur le sol, parfaitement immobile, pour échapper aux dangers.

A ce stade, sa seule nourriture est le lait maternel, mais très rapidement il commencera à manger des herbages.

L’été, les biches « suitées » se rassemblent volontiers, tandis que les cerfs, qui ont perdu leurs bois au printemps et refont leurs ramures, se tiennent à l’écart, ensemble ou isolément.

Vers le mois de septembre, les mâles commencent cependant à se disputer entre eux, rongés par les prémices du rut, et à se rapprocher des femelles, qu’ils vont rechercher parfois en accomplissant de grands vagabondages. Certains cerfs ont cependant l’habitude de revenir chaque année dans le même secteur fréquenté par les biches, pour disparaître à nouveau, après la période des amours, vers leurs retraites parfois lointaines.

Le rut, le « brame », a lieu fin septembre et s’étale sur deux ou trois semaines. Il est déclenché par l’état physiologique des biches et certainement influencé par plusieurs facteurs tels que les intempéries, la quiétude, la chasse, etc … La manifestation la plus spectaculaire du rut est le cri, le bramement, poussé par les cerfs. Il semble que le cerf brame avant tout pour signaler sa présence à ses concurrents, et non pour attirer et séduire les biches.

Le cerf est polygame et très volage. Il peut rester avec une harde de femelles qu’il couvre l’une après l’autre, mais aussi aller d’un coin à l’autre de la forêt à la recherche de rencontres. Les combats de cerfs sont rares mais néanmoins on trouve presque chaque année des cas de mortalité dus à des affrontements violents.

LE CERF EN HAUTES FAGNES

Le Cerf est présent sur tout le haut plateau fagnard, mais ses populations sont surtout concentrées dans les massifs forestiers. Dans la réserve naturelle, il se tient dans les zones boisées, en tout cas aussi longtemps que la couche de neige n’y entrave pas trop ses déplacements et ses accès à la nourriture.

Il n’est que de passage dans les grandes étendues ouvertes de landes et de tourbières, et ce essentiellement la nuit, notamment pour se nourrir de callunes ou de myrtilles.

Il est chassé partout en dehors des réserves. Des plans de tir, rendus indispensables par les risques de prolifération excessive des cervidés, sont imposés chaque année aux titulaires des droits de chasse.

Le Cerf fait l’objet d’études scientifiques dans le territoire – pilote expérimental de l’Hertogenwald occidental, « la chasse royale », devenue depuis une vingtaine d’années un secteur forestier voué au suivi des cervidés et à la recherche des méthodes de gestion les plus appropriées des animaux sauvages et de leur milieu. Image hébergée par servimg.com

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