Traquet motteux - Oenanthe oen

La fin de l'été, en fagne, c'est le rouge des buissons de myrtilles qui ponctue, ça et là, l'or des landes herbeuses ; chaleur des couleurs, dernier cadeau de la fagne à ceux qui vont y affronter l'hiver.

La fin de l'été, en fagne, c'est aussi le bruissement d'ailes de ces oiseaux qui, par milliers, entament leur migration, un voyage si long pour certains et tellement incertain pour chacun. Parfois, ils s'arrêtent sur le Haut Plateau. Ont-ils perçu une dépression sur la route du sud ? Ont-ils besoin de reprendre des forces ? L'automne est, quoiqu'il en soit, une saison privilégiée qui permet parfois des rencontres intéressantes.

Et c'est ainsi que dans la descente de Noir Flohay, fin septembre, la surprise était là. Oh ! il ne s'agit aucunement d'une espèce nouvelle en fagne, loin de là, mais je n'ai jamais vu cet oiseau se laisser approcher avec autant de placidité. Perché sur un poteau, juste au bord de la piste, il m'a regardée avancer, déposer le sac à dos, sortir l'appareil photo… une photo, un pas, une photo un pas, … , une photo, un p… non, c'était le pas de trop ! L'oiseau est parti ! Bon voyage!

Le Traquet motteux. Oenanthe oenanthe (L.) Allemand : Grauwer Steinschmätzer. Néerlandais: Tapuit. Wallon: Blanc cou. Ordre : Passériformes. Famille : Turdidae.

Description :

Le traquet motteux, en plumage nuptial, est un oiseau très contrasté : tête et dos gris, gorge rosâtre, ailes, partie de la queue et masque noirs. En vol, le croupion d'un blanc éclatant, souligné d'un " T " inversé, noir, permet de l'identifier aisément. Posé, le traquet motteux se tient très droit, jamais immobile, effectuant sans cesse de brusques hochements sur ses longues pattes.

Il existe une grande différence de plumage entre mâles et femelles, celles-ci présentant des contrastes moins marqués, des teintes plus douces. En plumage frais, fin de l'été, les différences entre mâles et femelles s'atténuent, tous ayant alors une robe plus terne. Son nom de traquet, vient du cri qu'il émet régulièrement : trac, trac. Ce cri rappelle le bruit que font deux pierres que l'on entrechoque.

C'est le seul Oenanthe à remonter au nord de l'Europe pour nicher.

Longueur : 14 cm Envergure : 24 cm Poids moyen : 26 gr.

Nourriture :

Principalement insectivore, le traquet motteux chasse le plus souvent au sol, un peu à la manière de la bergeronnette grise. On peut le voir parcourir l'allée du grand fossé par exemple, s'arrêtant parfois pour faire le guet, effectuant de temps à autres un brusque envol avant de reprendre ses rapides trottinements. Coléoptères, chenilles, mouches, larves d'insectes, fourmis, araignées,… ce menu appétissant est parfois complété de baies.

Territorialité et reproduction :

Premiers arrivés au printemps, les mâles se cantonnent et défendent, en chantant, leur domaine. A l'arrivée des femelles cependant, leur agressivité augmente et les intrus sont impitoyablement chassés du territoire.

Pour séduire la femelle, le traquet motteux sautille autour d'elle, se courbe, étalant les plumes de la queue aux contrastes éclatants. Ensuite, il guide la femelle pour choisir une cavité, souvent précédée d'un étroit couloir, sous un rocher, une souche ou dans un terrier, qui abritera le nid. La femelle, parfois aidée du mâle, construit un nid fait de tiges, d'herbes sèches, qu'elle garnit de plumes, de fines herbes, de crins.

Elle y déposera, en moyenne, 5 à 6 œufs bleu très pâle, parfois tachetés de quelques points sombres, qu'elle couvera seule, durant deux semaines. Souvent, elle sort de la cavité, chasse et se dérouille les pattes avant de regagner le nid. Le mâle se contente de veiller, amenant parfois une becquée à la femelle. Les jeunes restent encore deux semaines au nid, nourris par les deux parents.

Leur plumage juvénile est très discret, moucheté, et leur permet de passer inaperçus. Mais ces jeunes étourdis sont de fameux gourmands et réclament leur pitance à grands cris, dès que les parents apparaissent, le repas au bec.

La prédation est, avec les risques d'inondation des cavités souterraines, une des principales causes de mortalité des jeunes : l'hermine surtout, pour les œufs ou lorsque les oisillons sont encore au nid, les corvidés et les rapaces aussi.

Capables de se nourrir seuls à 4 semaines, les jeunes restent cependant avec les parents. Le lien familial ne se relâchera que plus tard.

Migration :

Dès la fin de l'été, les traquets motteux entament leur long voyage vers le sud. Volant la nuit, ils se posent dans les lieux découverts et y chassent, la journée. Il faut dire que le voyage est long jusqu'en Afrique tropicale. Pas question de régime amincissant pour les motteux qui, avant de partir, font des réserves et augmentent ainsi leur poids de 33% (vous imaginez cela, Mesdames !). A raison d'une moyenne de 115 km par jour, il leur faut cependant continuer à se nourrir durant le voyage qui les mène dans les savanes, au sud du Sahara, et chaque terrain de chasse propice est exploité.

Dans les Hautes fagnes :

La fagne est une halte migratoire pour de nombreux traquets motteux. Au printemps, en automne, on peut les voir en petits groupes sur les sentiers bordant la réserve naturelle, posés sur les caillebotis ou perchés dans les buissons de saules. Lors de l'excursion ornithologique des " Amis de la Fagne " de juin dernier, une petite troupe s'est laissée admirer en fagne wallonne. La migration des motteux est très étalée dans le temps et les derniers passages, au printemps, se font encore à la mi-mai. Chaque fois, chaque année, l'espoir de voir un couple se cantonner sur le Haut Plateau a été déçu jusqu'en 2003. L'année passée en effet, une petite famille était à Noir Flohay le 31 mai 2003.

Oiseau des landes, le traquet motteux préfère généralement des endroits plus rocailleux mais peut aussi construire son nid sous une souche, dans un interstice de rocher ou de tronc mort.

Statut et évolution :

Le traquet motteux a une répartition très vaste qui va, en période de nidification, de la Laponie à la Grèce, de la France à l'Asie mineure.

Très clairsemés chez nous, les nicheurs sont peu nombreux et le traquet motteux est en situation critique. En cause, la disparition de son habitat : des espaces ouverts, dénudés, rocheux de préférence, des dunes, des falaises, des landes.

S'il n'est pas menacé au niveau européen, le traquet motteux est néanmoins repris dans la Directive oiseaux (CEE/79/409 - article 5) qui fait partie intégrante de Natura 2000. Chez nous, cet oiseau est repris sur la liste rouge des espèces menacées (AGW 14/07/1994 Annexe 11) et mentionnée dans le décret de la conservation de la nature du 06/12/2001 où il est notamment stipulé que l'on ne peut ni capturer, tuer ou perturber ces oiseaux, ni ramasser les œufs, ni même détenir ou transporter les oiseaux, leurs œufs ou… leurs plumes !

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