La Tour Romane

La Tour Romane 

La Tour Romane ou Tour des Waroux, résidence fortifiée des avoués d'Amay

XIIe-XIIIe siècle. Maison forte de l'avoué d'Amay.

(Patrimoine majeur de Wallonie)

La maison forte Image

Appelée communément « Tour Romane », le donjon d'Amay, maison forte des avoués de la localité, fut sans doute érigée au 12e siècle pendant la campagne de consolidation et de construction de places fortes destinée à protéger la principauté de Liège sous Henri de Leez (1145-1164). Construite à l'origine à l'écart des habitations et du centre ancien de la collégiale, elle dominait la plaine alluviale proche de la Meuse. Elle mesurait en hauteur 15,60 mètres. Son appareil était en pierre régionale : grès houiller et calcaire.

Image hébergée par servimg.com Dès le moyen âge, le donjon était entouré de douves qui étaient remplies d'eau jusqu'au début du siècle. De l'autre côté un talus, une esplanade servait de basse-cour. Plusieurs bâtiments agricoles en pisé devaient en effet être associé à la tour.

La maison forte est une construction à quatre niveaux, plus un grenier aménagé sous la toiture des 16e et 17e siècles.

La cave (niveau 0) ne comportait pas de portes. On y avait accès par une trappe (ouverture aujourd'hui comblée) qui communiquait avec la salle principale. Elle servait de cellier (réserves et garde-manger). Un puits y était aménagé.

Desin DGATLPLe rez-de-chaussée (niveau 1) qu'on appelle aujourd'hui étage noble, était le lieu de résidence de la famille de l'avoué. Il rassemblait toute une infrastructure domestique : cheminée, évier (à proximité de la trappe qui donnait sur le puits), armoire murale, baies à coussiège qui servaient de banquettes.D'autres meubles en bois complétaient cet équipement. La cheminée originale avait déjà été remplacée par une autre à l'époque gothique. L'actuelle est évidemment tout à fait contemporaine. Les voûtes d'arêtes de cette salle sont les seules à être conservées. Le vivoir est aussi la seule pièce du donjon à posséder une porte donnant sur l'extérieur. Elle était reliée à une ancienne basse-cour par une passerelle amovible dont il reste des pièces métalliques destinées à bloquer le système de levage, des deux côtés de la porte. 

Un escalier intra-mural reliait le rez-de-chaussée aux deux étages.

Au niveau du 1er étage (niveau 2) étaient installées des latrines, sans doute en encorbellement au-dessus des fossés. On remarquera que les soucis d'hygiène avaient poussé les constructeurs à bien séparer les commodités de la pièce qui servait de chambre à coucher. Cet étage qui servait de logement à la famille de l'avoué, comportait également des fenêtres, cheminée (disparue), armoire murale, baie à coussiège.

Le dernier étage (niveau 3) est plus sommaire mais comporte sur chaque côté une fenêtre à double banquette ; ce qui autoriserait à assigner à la tour un rôle de surveillance.

Il semble que la tour d'Amay n'ait pas eu à subir de sièges importants comme tant d'autres maisons de chevalier de la région pendant les guerres de lignage qui ensanglantèrent la principauté de Liège à la fin du 13e siècle et au début du 14e siècle. Outre son rôle de résidence et d'observatoire, la tour servit de défense, mais seulement à la famille de l'avoué car les amaytois se réfugièrent plutôt dans la tour de la Collégiale.

La fonction symbolique de la tour est également importante. Les maisons fortes médiévales perdirent assez tôt leur valeur stratégique avec l'apparition des armes à feu. Pourtant les avoués ne songèrent jamais à détruire la tour même lorsqu'ils firent construire au 16e siècle une gentilhommière plus conforme aux critères de confort de l'époque. Les tours ne disparurent pas, car elles restèrent un symbole d'ascension sociale et de puissance économique. On les retrouva d'ailleurs dès le 14e siècle , en abondance, chez les grands fermiers de Hesbaye et du Condroz qui voulaient imiter l'ancienne noblesse en reprenant ses signes distinctifs, tandis que les anciennes familles seigneuriales préféraient investir dans des nouvelles demeures de plaisance.

La Tour Romane a été restaurée à la fin du siècle passé par l'architecte B. Herbecq. Ses abords ont été aménagés en parc communal. Elle sert de relais touristique et est gérée par le syndicat d'initiative d'Amay.

Qui étaient les avoués d'Amay ? ImageImage hébergée par servimg.com L'institution de l'avouerie apparut en même temps que les grands domaines ecclésiastiques à l'époque carolingienne. Il n'était pas permis au clergé, ni de rendre justice, ni de porter les armes. Pour cette raison, ils déléguèrent ces droits à des laïcs qui les exercèrent à leur place sur un territoire, moyennant rétributions. Certains de ces personnages usurpèrent de ces domaines et de plus en plus d'historiens voient dans cette appropriation de terres et de droits l'origine de la seigneurie dans nos régions.

Lorsque le premier avoué d'Amay, un certain Raoul, apparaît dans les actes en 1234, la localité fait encore partie de la mense épiscopale. En 1288, le prince évêque Jean de Flandre échangea avec le chapitre cathédral de Saint Lambert, son domaine d'Amay contre celui de Jupille. Amay demeura donc une seigneurie ecclésiastique.

L'avouerie d'Amay était héréditaire et resta aux mains de grands lignages Hesbignons comme les d'Odeur, les de Ciplet ou les de Hosdent. Au 14e siècle, elle échut même au chevalier Rasse de Waroux-Warfusée qui se distingua lors de la célèbre guerre entre lignages hesbignons, rapportée par l'écrivain Jacques de Hemricourt sous le titre de guerre des Awans et des Waroux.

La dernière famille à hériter de l'avouerie fut les Périlleux de Rochelée. Ils exercèrent cette fonction de 1473 à la fin de l'Ancien Régime et ce n'est qu'en 1913 que la dernière héritière vendit la tour à une tierce personne qui elle même la revendit à la commune d'Amay. Les droits de l'avoué étaient surtout important en matière de justice. Un record du 2 mars 1411 fait à sa demande, les stipule et détermine qu'un tiers des amendes dont argent est jugé par les échevins sont pour l'avouerie. De plus, il n'est pas rare qu'un avoué soit aussi mayeur d'Amay et préside la cour de justice du chapitre cathédral. Ils étaient donc parmi les plus importants personnages de la communauté.

Ils étaient également d'importants propriétaires fonciers. Amay, Fize et Villers-le-Bouillet sont les localités qui reviennent le plus souvent parmi leurs biens en terres. Ils y avaient d'ailleurs au moins une ferme.

Heures d'ouvertures :

Le samedi, dimanche et jours fériés de 10 à 18h et sur rendez-vous

Possibilité d'une visite guidée en français (néerlandais sur demande)

Prix d'entrée : 1 euro

Syndicat d'Initiative d'Amay :

Rue de l'Industrie, 38 - 4540 Amay

Tél. : 085/31.24.60

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