Le mur du diable

Le mur du diable

Il y a longtemps, bien longtemps, vivait un moine appelé Remacle. Or, ce moine, enflammé d’une ardente passion pour la conversion au catholicisme des Franchimontois encore Païens, parcourait leur contrée sauvage pour appeler ces âmes au Christ.

A sa voix pleine d’onction, nos pères abandonnaient le culte druidique, ce culte sanguinaire, pour la religion pacifique, toute d’amour, du fils bien-aimé de Marie.

Le lent travail d’évangélisation de Saint Remacle avait porté ses fruits, la région avait renié ses cultes anciens pour embrasser la foi nouvelle.

La paisible vallée de la Hoëgne, vieux bastion du paganisme, avait pourtant néanmoins reçu les préceptes de l’apôtre avec un zèle peu commun. Ce revirement ne pouvait que déplaire à Satan qui résolut de se venger.

Mais comment faire pour que la punition soit à la mesure de l’insulte ?

A Pepinster, la vallée se rétrécissait, laissant s’écouler l’eau venue des Fagnes entre ses deux versants abrupts. La configuration des lieux se prêtait parfaitement aux noirs desseins du Malin.

Il ramassa patiemment pierres et cailloux qui parsemaient le lit du torrent et les entassa en un monceau qui eut tôt fait d’arrêter le flot tumultueux : l’eau commençait à monter, en même temps que s’élevait le rire sarcastique de Satan, d’habitude pourtant plus habile à manier le feu.

Déjà les habitants se réunissaient sur le flan de la vallée. Certains, moins chanceux, qui n’avaient pas mesuré l’ampleur du sinistre, étaient restés coincés sur les mamelons du val et voyaient, en même temps que leurs pauvres biens, disparaître leurs espoirs.

L’eau reflua ainsi jusqu’à la bourgade de franchimont : ses habitants ne savaient plus à quel saint se vouer.

A quel Saint ?

Bon Dieu, mais c’est bien sûr ! à Hermès, le protecteur de Theux !

Celui-ci s’émut de la détresse de ses ouailles, mais surtout de la ferveur de leurs prières et il s’en fut au secours des agonisants. Il s’avança aussitôt devant la muraille et par trois fois la frappa de sa houlette, s’inspirant lui aussi du Dieu de Moïse qui avait fait jaillir l’eau du rocher. Une brèche déchira l’édifice diabolique ; l’eau s’y engouffra, rugissante : Theux était sauvée.

Le saint négligeant louanges et remerciements, s’en fut, laissant là les débris de la digue. Ce sont eux que l’on peut encore voir aujourd’hui s’élever à l’entrée de Pepinster, témoins toujours debout de l’action miraculeuse de Saint Hermès.

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