Le château de Warfaaz

APPELLATION Château de Warfaaz ou Château de Heid du Pouhon

LOCALITÉ 4845 Sart-lez-Spa (Jalhay)

FAMILLE D'ORIGINE Baron Jean de Crawhez

ÉDIFICATION 1912-1913

STYLE Éclectique

ARCHITECTE Inconnu 

OCCUPANTS ACTUELS S.A. Sotramine

AFFECTATION Résidence privée

PROTECTION Bien non classé

 

 

 

Tout neuf, le château plaisait déjà. Il abrita des gens importants mais pas drôles jusqu’à ce qu’en 1937...

D’après Louis Pironet, cette imposante demeure fut une des dernières constructions de ce genre à Spa. Elle fut édifiée entre 1912 et 1913 sur un terrain de plus de vingt hectares dont il en reste une dizaine actuellement. Les influences médiévales sont ici nombreuses, mais les références britanniques ne manquent pas non plus à l’instar des magnifiques cheminées qui surgissent des toitures à complication, comme on le dit pour des meubles. Perché sur sa colline comme un nid d’aigle, le château domine le lac de Warfaaz. De la tour d’angle, le périmètre couvert par le regard est de 180°. C’est magique. Le site avait été choisi par le baron Jean de Crawhez dont le petit frère Joseph, époux de la baronne Adrienne de Mévius (›Arthey et La Falize), sera le bourgmestre de Spa au milieu des années vingt. Joseph habitait dans la superbe villa Levoz, de style normand, du nom d’un autre bourgmestre de Spa. Il y reçut le 27 août 1927 Léon Daudet, alors en exil. Levoz avait fait construire en 1785 une troisième salle de jeux pour concurrencer « La Redoute » et le « Vaux-Hall » dont il contestait les exclusivités. Joseph de Crawhez (1872-1941) était le fils du baron Théodore et de Jeanne Pirmez (›Sombreffe, p. 150). Jean de Crawhez était né en 1863. Il décéda en 1926. Il avait épousé à Brasschaet Marcelle de Witte, fille du baron Henry et de Jeanne della Faille de Leverghem.

Château Poswick

ou château Crawhez ?

Des cinq enfants de Jean et Marcelle, Diane (1914-1995) reçut Warfaaz en héritage. Elle avait épousé en 1934 Ferdinand-Charles Poswick, fils de Ferdinand et de Marianna (des barons) de Vaulx de Champion. Quatre enfants vinrent au monde : Solange, Éric, Gauthier (+ 1967) et Thérèse. Ils naquirent tous en ces murs sauf la dernière apparue à Berlin en 1947, car son père était attaché militaire à la mission diplomatique belge. Elle avait quatre ans quand son père fut tué au combat contre les communistes de Corée. Le baron Éric (° 1937) nous confia « que le château avait été vendu en 1966 par notre mère à une agence immobilière qui n’y fit que des bêtises. Un nouvel acheteur se présenta. Sa descendance est toujours dedans. Je me souviens qu’en 1944, les Américains avaient installé dans le garage une station de radio. Mais j’ai surtout vu arriver en trombe une Jeep d’où sortirent trois soldats S.S. déguisés en soldats alliés. Je fus stupéfait de voir des « boy’s » parler en Allemand. Ils cherchaient un général américain. Je les ai fait, du haut de mes huit ans, entrer dans le salon où se trouvait ma mère (elle devait tricoter comme toujours (rires)). Sa surprise fut grande. N’ayant pu les aider dans leur recherche, ils partirent après avoir claqué des talons. Ils furent arrêtés à Dinant par un GI noir et exécutés peu après. Par ailleurs, j’ai failli être kidnappé pendant la guerre vers 1943 par des bandits (sans doute des communistes (rires)) qui eux, cherchaient de l’argent. Ils ont piqué les rares bijoux qui nous restaient en cette période de disette ». Le baron Éric ne se souvient pas que le général Erich Ludendorff (1865-1937), bras droit de von Hindenburg à l’Etat-major du Kaiser, séjourna ici pendant la Première Guerre mondiale, avant 1917. En 1918, le domaine fut occupé par Georg, comte von Hertling (1843-1919), chancelier de l’Empire depuis novembre 1918 et ministre-président de Prusse. En 1920, lors de la Conférence diplomatique de Spa, Warfaaz fut offert comme résidence à David Lloyd George, Ier Comte Lloyd George de Dwyfor (1863-1945), Premier ministre de sa Gracieuse Majesté, le roi George V, resté en poste de 1916 à 1922.

Influences germaniques

Le plus piquant dans ce château est qu’il ressemble, par sa position, à un « burch » allemand avec ses airs de bâtisse imprenable. Toutefois, vu d’en bas, la demeure présente des airs normands grâce aux faux colombages de la travée centrale. Sur la cour d’honneur, c’est l’influence anglaise qui domine. Sur l’esplanade d’accès, on remarque avant tout la tour porche engagée et carrée de trois niveaux. Elle est précédée d’une terrasse à crénelages qui sert de passage couvert aux automobiles. Une autre tour la surmonte; elle se termine aussi par des crénelages. À droite, on trouve une travée large sommée d’un pignon plat. Une verrière de trois niveaux y illumine la cage d’escalier. La façade sud est composée d’une travée en retrait de deux niveaux et de la puissante tour de cinq côtés, pour les deux niveaux inférieurs, engagée. Le niveau supérieur est circulaire et couvert d’une toiture en poivrière limitée par une corniche à modillons. Le château fut enfin agrémenté d’une extraordinaire piscine en béton à crénelage, pendue à flanc de colline.

On ne visite pas. Des bestioles de tous poils courent dans le parc.

Mme De Kettelaere 0475 84 99 19.

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Commentaires (1)

1. sebastien 29/01/2012

j'ai eu la chance dans mon enfance de visiter ce magnifique château. Nous avons été invité en famille par Mme De Kettelaere à diner. Je n'oublierais jamais cette magnifique journée. J'ai appris que le château était devenu un hotel.... Pourquoi à t il été vendu?? :(

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