HAUS RAEREN (Raeren).

HAUS RAEREN (Raeren).

Autre dénomination : Haus Schwartzenberg.

La commune de Raeren se caractérise par la grande dispersion de ses habitations, plus ou moins groupées en différente hameaux : Heck, Born, Berg, Pützhag, Honien, Botz, Neudorf, etc. Si nous considérons comme rue principale celle où se trouve l'église, ce n'est pas là que nous trouverons Haus Raeren, mais bien au bord d'une route qui lui est presque parallèle, au Nord-Est.

Cette vieille demeure seigneuriale, solidement plantée au milieu de ses douves alimentées par l'Itter, s'élève en contre-bas et légèrement à l'Ouest du quartier de « Berg », huit cent cinquante mètres à l'est-nord-est de l'église.

Rude, sans prétention, de dimensions exiguës, c'est incontestablement l'un des échantillons les plus remarquables des manoirs fortifiés de l'ancien duché de Limbourg.

Malgré les modifications apportées à la toiture et aux baies, il conserve en effet tous les caractères des Wasserburgs, si nombreux dans cette région à l'époque médiévale.

Il se présente sous l'aspect d'une grosse et massive tour, de plan rectangulaire, couverte d'une toiture à quatre parts ; on eut la malheureuse idée de surmonter celle-ci d'une sorte de plate-forme entourée d'une grille moderne, au lieu de lui laisser l'arête faîtière toute simple qu'elle avait encore au début de ce siècle. Le cimentage des cheminées est également à déplorer.

Tandis que trois des côtés de la construction plongent directement dans l'eau des douves, la façade principale, à l'Est, est précédée d'une petite cour et d'un ancien pont de pierre enjambant les fossés. La porte d'entrée s'ouvre au centre, encadrée de deux fenêtres ; le premier et le second étage comportent chacun trois baies symétriquement disposées; leurs linteaux à clef de voûte et en arc surbaissé, de style Louis XV, montrent une restauration du 18e siècle. Du côté Nord, les jours sont de même style, mais il n'en existe que deux au second étage. Au ras de la corniche se distinguent encore (comme à l'Ouest et au Sud) les anciens créneaux, qui ont été, soit murés, soit convertis en petites fenêtres.

A proximité des angles et à mi-hauteur entre les combles et les ouvertures du second étage, la survivance de deux gargouilles prouve qu'à l'origine, ou bien la toiture ne couvrait pas les parois extérieures, comme actuellement, ou bien la construction n'était protégée que par une plate-forme. Deux archères existent encore entre le rez-de-chaussée et le niveau des douves.

La façade Ouest est, comme les deux précédentes, percée de fenêtres de style Louis XV ; certaines baies, dans le soubassement, ont été obstruées ; une autre, également murée, entre le rez-de-chaussée et le premier étage, semble contemporaine du burg primitif. La façade Sud a conservé tout son caractère archaïque ; on n'y voit que deux petites baies rectangulaires à chacun des étages et deux gargouilles semblables à celles du côté opposé.

Signalons enfin un détail architectural que nous n'avons rencontré nulle part ailleurs : sur chacune des parois Nord, Ouest et Sud existent, un peu au-dessus des fenêtres du second étage, trois consoles de pierre, distantes entre elles d'un mètre environ, surmontées à un mètre et demi plus haut de trois alvéoles correspondantes. Reiners dit que ce sont des vestiges des ouvrages de défense d'autrefois.

Cette prudente explication ne résout pas la question ; nous avons interrogé à ce sujet nombre d'archéologues et d'architectes ; aucun d'eux n'a pu nous donner la solution de l'énigme. Faute de mieux, nous nous hasardons à conjecturer que ces consoles et alvéoles étaient destinées à supporter des hourds, dans lesquels on ne pouvait d'ailleurs accéder qu'au moyen d'échelles descendues des créneaux ; cette hypothèse n'est donc guère satisfaisante.

Comme à Ruyff (Henri-Chapelle), à Astenet (Walhorn) et à Eynatten, nous constatons à Raeren la présence de deux châteaux très rapprochés l'un de l'autre ; cela fait naturellement penser à un fief primitif unique, qui à une certaine époque se serait démembré et aurait donné naissance à un second fief voisin, en l'occurence Burg Raeren.

Il est très vraisemblable de croire que Haus Raeren fut le siège de la seigneurie primitive.

Au début du 15e siècle, elle était en la possession de Carsilius von der Roetschen. Sa fille épousa Emeric de Bastogne (Bastenach), dont la famille avait la mayeurie de la ville de ce nom dans le Luxembourg.

Haus Raeren leur est attribué en 1443, puis passe à leur fils Emeric de Bastogne, qui s'unit à Jeanne de Hochkirchen. Ce furent eux, ou lu précédents, qui sans doute construisirent le Wasserburg actuel.

A leur mort, plusieurs héritiers se disputèrent leur héritage, notamment Jean d'Alensberg et Jean de Stembert. Ce dernier fit relief du manoir en 1473, mais il décédé l'année suivante et son fils Thomas de Stembert relève à son tour.

Cependant, les contestations au sujet du fief n'étaient pas closes ; finalement, il fut attribué, par une décision de la Cour féodale, aux enfants de Carsilius de Schwartzenberg, dont la mère était née Marie von der Roetschen.

L'un de ces emfants, Henri de Schwartzenberg, époux de Meyne Stommel d'Eynatten, parvint à réunir à son profit la totalité du domaine, qui restera la propriété de ses descendants pendant près de deux siècles.

Le donjon échut en partage à son fils Guillaume de Schwartzenberg, époux de Marie de Limbourg, lors du partage de ses biens entre ses enfants en 1527. Il passe ensuite au fils du précédent, Pierre de Schwartzenberg, époux de Marguerite Krummel de Nechtersheim, qui décède le 11 janvier 1607.

Le bien passe à son fils encore mineur d'âge, qui en 1649 le lègue à son neveu, Jean-Guillaume de Schwartzenberg, mari d'Anne-Marie de Belven. La fille de celui-ci, Anne-Catherine de Schwartzenberg, par son mariage avec Guillaume Bertolf de Belven, fit passer le bien à celui-ci, qui en est investi en 1679.

En 1715, Haus Raeren est attribué, par partage, à Marie-Isabelle Bertolf de Belven. En 1721, elle s'unit à Jean-Salomon d'Everlange, seigneur de Hollange (province de Luxembourg).

Elle décéda probablement sans hoirs, car son neveu Englebert-Guillaume de Lamboy, fils de sa soeur Marie-Madeleine de Schwartzenberg et du baron Jean-Sigismond de Lamboy, relève Haus Raeren en 1774 ; deux ans plus tard, il le vend à Jean-Léonard de Schwartzenberg, époux de Marie-Anne Mennicken. Sa Famille se trouve donc pour la seconde fois en possession du vieux burg ancestral.

La propriété reste à ses descendante jusqu'en 1841, année où elle fut acquise par Jean-Michel Flamm, qui la revendit en 1859 à Léonard Jardon époux de Cornélie de Nys, fille du propriétaire de Burg Raeren.

Le bien fut recueilli dans la succession de Léonard Jardon par seafille, Cornélie Jardon, unie à Max Allan Chahnn Megerditsch, Viennois d'origine arménienne.

En 1912, Haus Raeren fut vendu sur expropriation forcée et acquis par Gérard Nöcken, hôtelier à Aix-la-Chapelle.

Celui-ci le revendit, en 1917, à Jean Blank, père de l'artiste-peintre bien connu, André Blank.

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