Château de Harzé

Édification : Du XVe siècle au XIXe siècle

Mise à jour : 25-02-2008

APPELLATION Château de Harzé

LOCALITÉ 4920 Harzé (Aywaille)

FAMILLE D'ORIGINE Ermengarde de Harzé

ÉDIFICATION Du XVe siècle au XIXe siècle

STYLE Traditionnel mosan

ARCHITECTE Inconnu; Camille Bourgault de 1909 à 1924

OCCUPANTS ACTUELS Province de Liège

AFFECTATION Restaurant, chambres d’hôtes et lieu de séminaires

PROTECTION Bien classé le 5 mars 1965

Dix familles et quelques ventes égrennent une longue histoire.

Depuis qu’Ermengarde de Harzé est signalée comme dame de ce lieu dans une charte de l’abbaye de Saint-Hubert en 1064, Harzé a souvent changé de mains et de familles mais n’a pas été fréquemment vendu. Le domaine est une enclave du duché de Luxembourg chez les princes-abbés de Stavelot. En 1972 Amédée Polet a donné le tableau des différents seigneurs de Harzé. Ermengarde allait unir sa destinée à Arnoul de Looz puis à Gozelon, comte de Montaigu-en-Ardenne. Son petit-fils Lambert devint comte de Clermont-sous-Huy. Quatre générations plus tard, on retrouva Wéry de Clermont, sire de Harzé et de Fanson, haut voué du marquisat de Franchimont, sénéchal du roi Jean de Bohême. Son petit-fils Guillaume de Clermont épousa Philipotte d’Argenteau. Mort sans descendance, il laissa son domaine à sa sœur Jeanne. Elle allait convoler avec Jacques de Beaufort-Celles, fils de Jacques et de Marie de Harduemont de Haultepenne. Louis de Beaufort, autre enfant du couple précité releva Harzé. Il était aussi seigneur de Fanson, sire de Scry et de Gramptinne et châtelain de Logne. Il décéda en 1437.

Vente bizarre

À ce moment, le bien fut repris par son fils Louis qui sous-engagea Logne auprès de Jean de la Marck. Par cet acte, il se lia avec cette célèbre famille liégeoise mais quand vinrent les suites du désastre de la bataille de Brusthem, le 29 octobre 1467, où les Liégeois furent défaits par Charles le Téméraire et son cousin Louis de Bourbon, Louis de Beaufort céda, à un prix contestable, ses autres domaines aux la Marck et à Guillaume en particulier. Un conflit s’instaura entre les Beaufort devenus Spontin et les la Marck. Il fallut attendre 1535 pour qu’une convention règle les problèmes de succession. Evrard IV de la Marck, mort en 1531, fut suivi par son fils Robert Ier, décédé en 1541, époux de Mathilde de Montfort, défunte en 1550. Robert Ier garda Harzé mais il laissa aux héritiers Beaufort, précisement à Jeanne de Beaufort-Celles et son mari Frédéric de Sombreffe, la terre de Fanson.

Les petits-enfants la Marck héritèrent. Robert III de la Marck, dernier comte d’Arenberg, et son épouse Anne de Berghes (maison de Glymes) n’eurent point d’hoirs. Le château passa à la sœur de Robert, Marguerite, unie en 1547 à Jean de Ligne, baron de Barbançon, trépassé le 24 mai 1568, à la condition que les enfants Ligne prennent le nom d’Arenberg. Cy-fait. En 1549 Jean devint comte d’Arenberg. Son fils Robert (1564-1614), continuateur de la lignée des Barbançon, était comte d’Aigremont. Il épousa Claudine, fille de Jean-Philippe Wild et Rheingraf de Daun de Kyrbourg, comte de Salm.

Cession pour raisons militaires

Son fils Albert (1600-1674), comte d’Aigremont et de la Roche, sire de Rianwez, de Montjardin et de Soy (› vol. 1, p. 228), devint prince de Barbançon en 1644. Il releva Harzé et se maria avec Marie de Barbançon, vicomtesse de Dave. Pour payer ses régiments, il vendit Harzé au comte Ernest de Lynden, comte de Reickheim (› p. 188), marié à Anne de Gouffier de Bonnivet. Leur fille Ernestine de Lynden hérita. Elle avait convolé vers 1631 avec le comte Ernest de Suys. Ernest, retourné au Père en 1645, restera comme la bâtisseur du château actuel. Ernest et Anne eurent une seule fille prénommée Ernestine. Elle fut mariée à son parent Maximilien-Henri comte d’Aspremont-Lynden, baron de Froidcourt, gouverneur de Franchimont, décédé en mai 1689.

Une fille unique prénommée Claire fit passer Harzé dans les mains des Eynatten, sires de Rémersdael (› p. 190) quand elle se maria avec Frédéric, baron de ce nom. Le 23 août 1738, ce couple endetté aurait fait don du domaine à Louis-Ignace de Rahier qui le vendit dès 1747 à son frère Jules qui en fit hériter son autre frère Henri. Ce dernier, uni à la comtesse Marie-Agnès de Berlaymont, feue le 30 août 1753, eut cinq enfants. La plus jeune, Marie-Antoinette, décéda en 1816 à l’âge de 85 ans. Dernière dame de Harzé, épouse (divorcée) du comte Philippe de Woestenraedt, elle légua la propriété à ses cousins germains Florent, comte de Berlaymont et Marie, comtesse de Berlo. Leurs descendants respectifs vendirent le domaine en 1842 au notaire Aubert.

En 1873 Harzé fut acheté par Pierre Fermont. La fille Fermont, Louisa, légua en 1886 Harzé à sa nièce Gabrielle Dekens (1886-1949), fille d’Emile et de Caroline Valckenaere. Gabrielle allait épouser en 1908 le généreux Edgard de Potter d’Indoye (1877-1924). En faisant restaurer le château par l’architecte Camille Bourgault, il le sauva. En 1973 les descendants d’Edgard de Potter vendirent le château à la Province de Liège.

Tout en moellons

L’architecture de cet édifice prestigieux construit en L et posé sur sa colline est unifiée par le seul emploi des moellons de calcaire réglés (ajustés), agrémenté de rares grès. La façade sud-ouest se compose de deux éléments. Vers le bas on trouve l’ancienne maison forte décrite déjà en 1565 qui servit de noyau au château. Elle se limite à trois travées inégales. L’autre partie plus haute s’étire sur dix travées y compris celles de la tour et sur trois niveaux en incluant les hautes caves. La tour se termine par un clocheton carré percé de faux jours en plein cintre et sommé d’un toit en cloche hexagonal. Cette partie date des années 1640. L’accès à la basse-cour s’effectue par un porche armorié (Suys-Lynden) daté de 1647, placé non loin d’une tour ronde cornière. L’accès à la haute cour s’opère en passant un pont qui mène à un superbe portail baroque en calcaire daté de 1753 et porteur des armes Rahier-Berlaymont. La cour en terrasse est caractérisée par sa grande galerie de quatorze travées couverte aux arcs en plein cintre de style Renaissance.

Salles pour réunions et séminaires plus hôtel de 24 chambres. Tél. 04 246 63 63. Image hébergée par servimg.comImage hébergée par servimg.com

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